Présentation de la Maison Saint-Augustin par le père Nicolas Delafon, supérieur
La MSA est une année de fondation spirituelle offrant tous les éléments possibles d’un discernement personnel pour répondre à la question de la vocation sacerdotale, autrement dit reconnaître un appel du Seigneur à devenir prêtre.
Une année
Puisqu’il s’agit de discerner un don de sa vie dans un engagement complet de sa personne, dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, et d’une consécration particulière dans le célibat, il vaut la peine de prendre une année pour y voir clair et s’engager librement en toute maturité et conscience. Une telle année est désormais demandée avant toute entrée dans un séminaire pour la suite de la formation sacerdotale.
« À la lumière de l’expérience des dernières décennies, il est apparu nécessaire de consacrer entièrement une période d’une année pour une préparation de caractère introductif en vue de la formation sacerdotale qui s’ensuivra, ou, au contraire, de la décision de changer d’orientation de vie » (Ratio fundamentalis, n° 59)
S’engager sur le chemin d’une vie de prêtre est une voie belle mais exigeante. L’année de la Maison Saint Augustin n’est pas encore une année d’études – même s’il y a des cours – ni de formation pastorale. Il s’agit d’abord d’apprendre à se laisser former par le Christ : toute vie de prêtre suppose une relation personnelle avec Lui. C’est ce “centre” qui se met en place tout au long de l’année passée ici. Elle n’est pas une année de stage ou de césure comme une autre.
Fonder sa vie sur le Christ, découvrir l’Église
Pour fonder notre vie sur le Christ, nous pouvons le rencontrer selon les modalités qu’il offre lui-même dans la grande tradition de l’Église dans son corps qu’est l’Écriture Sainte, dans son corps eucharistique, dans son corps qui est l’Église et à travers des frères :
– par une lecture régulière et complète de la Bible, selon un plan déterminé alternant Ancien et Nouveau testament (une heure et demie chaque matin)
– en recevant et en vivant de cette Parole de Dieu par la liturgie de l’Église, dans la Liturgie des Heures et la Messe quotidienne
– et à partir de là, entrer dans une pratique régulière de l’oraison. Pour mieux y parvenir, il y a trois retraites durant l’année pour apprendre encore et toujours à prier, à vivre dans un dialogue personnel avec Dieu. En particulier, une grande retraite selon les Exercices de saint Ignace de Loyola se déroule durant le temps pascal
– en vivant dans une communauté ecclésiale, la MSA, découvrant la charité fraternelle, une vie d’équipe, de services, de détente aussi… tout en élargissant son regard par la découverte du diocèse, le témoignage des prêtres invités, plusieurs visites de paroisses
– en rencontrant le Christ dans ceux qui souffrent : par des visites aux malades en aumônerie d’hôpital le jeudi après-midi, et par un mois de janvier passé dans différentes communautés (Missionnaires de la Charité, Petites Sœurs des Pauvres, …)
Tout ces dimensions sont vécus avec l’aide d’un accompagnateur spirituel, l’un des cinq prêtres entourant le supérieur et nommé pour cette mission par l’archevêque.
L’entrée à la Maison Saint-Augustin
L’entrée à la MSA suppose d’avoir déjà effectué un premier discernement avec un prêtre et avec le Service des vocations de son diocèse, qui y envoie. C’est un engagement à plein temps, avec un certain « retrait » du monde, aucune autre étude ou activité ne peut être poursuivie en parallèle. La maison accueille les jeunes du diocèse de Paris, mais aussi d’autres diocèses qui en font la demande, comme par exemple ceux de Meaux, des Armées, ... Ces dernières années, l’effectif annuel varie autour d’une quinzaine « d’augustiniens », entre 19 et 40 ans.
Et après ?
À la fin de l’année, chaque augustinien est invité à poser un choix libre en demandant à entrer ou non au séminaire. Chaque année, certains découvrent que leur vocation est ailleurs, dans un ordre religieux par exemple, ou dans le mariage ou encore dans une vie chrétienne et humaine au cœur du monde. Depuis la fondation de la maison, nous pouvons évaluer globalement qu’environ 70 % des jeunes sont devenus prêtres diocésains ou religieux.
P. Nicolas Delafon