Interview de Mgr Michel Aupetit sur RCF
11 janvier 2018
« C’est la société des encombrants, c’est le pape qui parle d’une société de déchet. Il faut donc enraciner nos contemporains dans quelque chose de plus profond. »
Extrait
Sur la question du début et de la fin de vie, la sensibilité des Français semble avoir beaucoup évolué comme le montre le sondage La Croix/L’IFOP ; comment l’Église peut-elle encore se faire encore entendre sur ces questions dans ces conditions-là et qu’est-ce qu’elle doit défendre avant tout ?
L’Église doit porter son message, le message n’a pas changé depuis Vatican II, depuis Jean-Paul II, François reprend exactement la même chose : la vie est une dignité absolue de son commencement jusqu’à sa fin. [Aujourd’hui, on pense] supprimer les questions en supprimant les personnes, soit par l’avortement au début quand il gêne, soit à la fin quand nos vieux bavent trop, on les supprime, c’est la société des encombrants, c’est le pape qui parle d’une société de déchet. Il faut donc enraciner nos contemporains dans quelque chose de plus profond. Il s’agit de savoir ce que nous voulons vivre et quelle société nous voulons construire.
Mais comment se faire entendre ? On le voit, la société évolue sur ces questions.
Elle évolue, elle évoluera encore, elle n’arrête pas d’évoluer, elle évolue depuis toujours. À Rome, l’avortement était courant, lisez Plutarque, dans Ovide. Après, au IIe siècle, non pas sous l’influence des chrétiens, qui eux, effectivement ne pratiquaient pas l’avortement, comme le dit la lettre à Barnabé par exemple, mais il y a eu la prise de conscience d’un statut particulier de l’embryon, sous les jurisconsultes du IIe siècle. La société a changé et elle changera encore. Aujourd’hui, elle considère cela comme ça, mais l’opinion est versatile. Notre question, c’est est-ce que notre message est cohérent. S’il est cohérent, si effectivement nous nous mettons au service de la vie, si nous créons des structures d’accueil des personnes handicapées, des personnes âgées et que nous sommes capables d’ouvrir des lieux pour des personnes qui ont un Alzheimer - on n’a pas de moyens financiers énormes - mais si nous le faisons de manière exemplaire et emblématique, ça pose quand même des gestes qui peuvent toucher la société. Et on se rendra compte que c’est peut-être la bonne voie.
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