Canonisation des seize carmélites de Compiègne

Le pape François a approuvé le 18 décembre 2024 la canonisation équipollente de la bienheureuse Thérèse de Saint-Augustin, mère supérieure des carmélites de Compiègne, et de ses 15 compagnes, assassinées lors de la Révolution française. Cette procédure exceptionnelle de canonisation ne repose pas sur un miracle mais uniquement sur un décret du Saint-Père.

Une messe d’action de grâce a eu lieu à Paris le samedi 13 septembre 2025.

Le tribunal, se regardant comme suffisamment instruit, Fouquier-Tainville prit la parole, et s’exprima en ces termes : (...) « C’est d’après la vérification de ces faits, qu’au nom de la nation, le tribunal prononce, contre les ex-religieuses de Compiègne, les citoyennes Lidoine, Croissy, Thouret, etc., la peine de mort. »

Ce mot de mort ne fut pas plus tôt prononcé, que la joie se peignit sur tous les visages des condamnées. Elles remercièrent leurs juges du bonheur qu’ils leur procuraient. Descendues du tribunal , elles firent leurs adieux à ceux des prisonniers qu’elles purent voir, leur témoignèrent leur reconnaissance pour l’intérêt et la sensibilité qu’ils montraient à leur égard , se recommandèrent à leurs prières et les encouragèrent à la patience, leur promettant de ne pas les oublier devant Dieu.

Ces fidèles épouses de Jésus-Christ, ayant fait, dès le matin, leur préparation à la mort, ne songèrent plus qu’à chanter les louanges du Seigneur ; car, aussitôt qu’elles furent montées dans les charrettes ou tombereaux qui devaient les conduire de la Conciergerie à la barrière du Trône, qui avait succédé depuis peu, pour les exécutions, à la place de la Révolution, autrement dite place Louis XV, elles chantèrent le psaume Miserere, l’antienne à la sainte Vierge, Salve Regina et le Te Deum. Arrivées aux pieds de l’échafaud, elles entonnèrent le Veni Creator, renouvelèrent les promesses de leur baptême et leurs vœux de religion. On remarquait, non sans un grand étonnement, que le bourreau, la garde, le peuple, les laissaient remplir ces divers actes de religion sans témoigner la plus légère humeur ou impatience. La foule même qui s’était pressée sur leur passage, quoiqu’accoutumée à vociférer contre ceux à qui l’on donnait le nom d’Aristocrates, gardait un morne silence ; et, si quelques mots se faisaient entendre, ce n’était que pour plaindre ces innocentes victimes et les admirer. On les entendait dire : « Oh ! les belles âmes ! quel air céleste ! Si elles ne vont pas tout droit en Paradis, il faut qu’il n’y en ait point. » La révérende Mère Prieure, à l’exemple de la mère des Machabées, demanda et obtint de l’exécuteur de ne passer que la dernière. Ainsi se consommèrent, de la part des accusateurs et des juges, l’acte le plus atroce ; et de la part de leurs victimes, le courage le plus héroïque, le 17 juillet 1794.

 Sœur Marie de l’Incarnation, Histoire des Religieuses Carmélites de Compiègne, conduites à l’échafaud le 17 juillet 1794, Thomas-Malvin, Sens 1836, pages 55-59.

  • Mère Thérèse de Saint-Augustin – Madeleine-Claudine Lidoine, prieure (Baptisée en 1752, paroisse Saint-Sulpice, diocèse de Paris)
  • Sœur Saint-Louis – Marie-Anne-Françoise Brideau, sous-prieure (Baptisée en 1751, paroisse de Belfort, diocèse de Belfort-Montbéliard)
  • Mère Henriette de Jésus – Marie-Françoise de Croissy, maîtresse des novices (Baptisée en 1745, paroisse Saint-Roch, diocèse de Paris)
  • Sœur Charlotte de la Résurrection – Anne-Marie-Madeleine-Françoise Thouret, sœur choriste jubilaire (Baptisée en 1715, paroisse de Mouy, diocèse de Beauvais)
  • Sœur de Jésus-Crucifié – Marie-Anne Piedcourt, sœur choriste jubilaire (Baptisée en 1715, paroisse des Saints-Innocents - aujourd’hui Saint-Eustache, district de Saint-Germain l’Auxerrois, diocèse de Paris)
  • Sœur Euphrasie de l’Immaculée Conception – Marie-Claude-Cyprienne Brard, sœur choriste (Baptisée en 1736, paroisse de Bourth, diocèse d’Évreux)
  • Sœur Thérèse du Coeur de Marie – Marie-Anne Hanisset, sœur choriste (Baptisée en 1742, paroisse Saint-Symphorien de Reims, diocèse de Reims)
  • Sœur Thérèse de Saint-Ignace – Marie-Gabrielle Trézel, sœur choriste (Baptisée en 1743, paroisse Saint-Jacques de Compiègne, diocèse de Beauvais)
  • Sœur Julie-Louise de Jésus – Rose Chrétien de Neuville, sœur choriste (Baptisée en 1741, paroisse Saint-Denis d’Évreux, diocèse d’Évreux)
  • Sœur Marie-Henriette de la Providence – Anne Pelras, sœur choriste (Baptisée en 1760, paroisse de Cajarc, diocèse de Cahors)
  • Sœur Constance de Jésus – Marie-Geneviève Meunier, novice (Baptisée en 1765, paroisse de Saint-Denis, diocèse de Saint-Denis en France)
  • Sœur Marie du Saint-Esprit – Angélique Roussel, sœur converse (Baptisée en 1742, paroisse de Fresnes-Mazancourt, diocèse d’Amiens)
  • Sœur Sainte Marthe – Marie Dufour (Baptisée en 1741, paroisse de Bannes, diocèse du Mans)
  • Sœur Saint François-Xavier – Élisabeth-Julitte Verollot, sœur converse (Baptisée en 1764, paroisse de Lignières, diocèse de Troyes)
  • Sœur Catherine – Marie-Anne Soiron, tourière (Baptisée en 1742, paroisse Saint-Jacques de Compiègne, diocèse de Beauvais)
  • Sœur Thérèse-Marie – Thérèse Soiron, tourière (Baptisée en 1748, paroisse Saint-Jacques de Compiègne, diocèse de Beauvais)
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