Brève histoire du sacrement de mariage
Brève histoire du sacrement de mariage
Dans l’Ancien Testament, l’emploi du symbolisme conjugal pour suggérer l’amour de Dieu pour son peuple est connu. Dans le Nouveau Testament, où Jésus est présenté comme l’époux (Jn 3, 39) et se désigne ainsi (Mt 9, 15), Paul reprend cette image. Surtout l’Apocalypse manifeste l’accomplissement de cette nuptialité à la fin des temps.
Pour les Pères de l’Église, définir le mariage comme sacrement était complexe du fait de son lien avec la sexualité. Au Ve siècle, saint Augustin évoque trois << biens » du mariage : la descendance (proles), la foi entre les époux (fides) et le serment définitif (sacramentum). Jonas d’Orléans, en 830, rappelle que l’égalité de l’homme et de la femme exige la réciprocité : « Tu veux une femme vierge, sois-le toi-même. » Il ajoute : « Que les époux sachent qu’ils ont à exercer dans leur maison un ministère. »
Pour la tradition latine, le mariage se fonde sur le consentement des époux mais, pour la tradition germanique, c’est l’union sexuelle qui fait le mariage. Au XIIe siècle, le pape Alexandre III propose un consensus : le lien matrimonial est établi par le consentement. Mais le mariage n’est indissoluble qu’après la consommation. Au concile de Vérone (1184), pour la première fois dans un document ecclésial, le mariage figure dans la liste des sacrements.
Pour saint Thomas d’Aquin (vers 1225-1274), l’union sexuelle ainsi que la procréation et l’éducation des enfants sont la fin première du mariage. Il considère l’aide mutuelle comme fin supérieure. Au XVe siècle, le concile de Florence présente le sacrement du mariage comme le signe de l’union du Christ et de l’Église. Au XVe siècle, le concile de Trente dit que le consentement mutuel doit se faire devant deux témoins et un prêtre.
Le concile Vatican II traite du sacrement de mariage dans divers grands textes : AA 11, GS 48, Familiaris consortio (saint Jean-Paul II) et Amoris laetitia (pape François) reçoivent cette tradition.