Colloque – La fabrique du vrai à l’épreuve de l’immédiateté – Produire et diffuser des vérités scientifiques quand tout accélère
Une journée de colloque pour discuter des enjeux de la vérité dans la recherche scientifique, ainsi que de leur réception dans la société et par le grand public.
Centre Teilhard de Chardin 12 rue Francis Perrin, 91190 GIf-sur-Yvette, 91190 Gif-sur-Yvette
Un colloque le vendredi 20 novembre 2026 de 9h à 17h30 au Centre Teilhard de Chardin, situé sur le pôle scientifique et technologique Paris-Saclay. Pour les acteurs de la recherche publique ou privée, enseignants, acteurs de la médiation scientifique. Intervenants : Gael Varoquaux, Cyril Monier, Laure Saint Raymond, Charis Quay, Valérie Masson-Delmotte, Lonni Besançon, Ioana Manolescu, Ines Safi, Irène Vignon-Clémentel, David Larousserie
Une journée de colloque pour discuter des enjeux de la vérité dans la recherche scientifique, ainsi que de leur réception dans la société et par le grand public. Cf. ci-dessous le programme de la journée.
Le besoin de vérité scientifique a toujours existé et fait débat. Ce thème s’inscrit aujourd’hui dans un contexte marqué par des tensions multiples :
la valorisation d’une conception de l’innovation accélérée, voire d’une innovation de rupture, dans le management de la recherche, au détriment d’une recherche approfondie ;
l’irruption de l’IA générative, qui envahit le processus de publication scientifique et ouvre maintenant aussi des questions sur la production et la matérialité des travaux ;
le risque de conflits d’intérêt pesant sur le respect de la vérité lorsque la science se rapproche d’applications sociétales et économiques ;
l’ampleur du phénomène de mésinformation, désinformation, fakes news ; l’amplification de ces attaques contre la vérité par le développement d’usages des réseaux sociaux et de l’IA.
la défiance face à la science, et plus généralement à l’égard des institutions ;
l’augmentation très forte de l’information accessible, nécessitant donc une confiance accordée à des tiers, producteurs ou transmetteurs de connaissances.
Une crise de l’autorité scientifique s’accentue, où le grand public peine à identifier une information fiable et où des faits scientifiques sont minimisés en fonction d’intérêts économiques, politiques et sociaux. Or, la complexification du monde rend plus que jamais nécessaire une compréhension correcte des phénomènes naturels comme de développements technologiques en évolution rapide. Affronter certains enjeux majeurs, parfois très anxiogènes (ex : politique vaccinale, crise climatique, disponibilité de ressources critiques, …) requiert a minima une compréhension assez partagée des phénomènes sous-jacents ; et cela conditionne le fonctionnement démocratique lui-même. Enfin, la transmission et l’éducation impliquent aussi une relation au vrai, assumée et responsable.
PROGRAMME du colloque (9h – 17h30)
MATINEE :
Principes et méthodes de construction du vrai dans la recherche scientifique
Gael Varoquaux : Connaître avec les modèles de langage
Directeur de recherche, INRIA, docteur en physique quantique, fondateur de la bibliothèque algorithmique Scikit-learn et de la start-up Probabl. Spécialisé dans la valorisation des données, il développe des algorithmes destinés aux entreprises et contribue à bâtir des standards numériques disponibles en open source.
Cyril Monier : Le problème de la « tâche aveugle » en science de la cognition et de la construction du sens
Chercheur en neurosciences et sciences cognitives, Institut NeuroPSI, CNRS et Université Paris-Saclay. Il est aussi Directeur de publication de la revue Intellectica, co-éditeur du dernier numéro (n°83, septembre 2026) : « Réflexions prospectives en sciences de la cognition »
Laure Saint Raymond : Quel est le rôle des mathématiques dans un monde de plus en plus marqué par les données ?
Mathématicienne, professeure à l’ENS de Lyon et professeure titulaire du Collège de France, membre de l’Académie des Sciences. Ses travaux de recherche portent notamment sur les équations aux dérivées partielles décrivant les gaz, plasmas et fluides, afin d’identifier – par des modèles effectifs simplifiés – des phénomènes physiques dominants en mécanique des fluides géophysiques.
Charis Quay : Amour et vérité se rencontrent
Physicienne, maître de conférences HDR à l’Université Paris-Saclay, elle coordonne l’équipe SUPERSPIN au Laboratoire de Physique des Solides. Sa recherche en physique quantique mésoscopique se situe à l’intersection de la supraconductivité et la physique du spin(-orbite). Elle a donné un cours de « introduction aux humanités » focalisé sur la philosophie de la connaissance ; une nouvelle version se concentrera sur la philosophie politique.
APRES-MIDI :
Comment la science peut-elle contribuer à consolider la relation au vrai dans la société ?
Valérie Masson-Delmotte : « Faire entendre les sourds » ou comment alerter l’opinion sur l’urgence d’une politique climatique
Paléoclimatologue, directrice de recherche au CEA, Valerie Masson-Delmotte a été co-présidente du groupe n°1 du GIEC de 2015 à 2023. Elle est membre du Haut Conseil pour le Climat, du comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, de l’Académie des Sciences.
Lonni Besançon : La science autocorrectrice ? Mythe ou Réalité ?
Titulaire d’un doctorat (Université Paris-Saclay), enseignant-chercheur en visualisation de données l’université de Likoping (Suède). Promoteur de pratiques scientifiques plus rigoureuses, il dénonce des fraudes scientifiques mises en avant notamment pendant la crise du Covid et soutient la relecture par les pairs post-publication.
Ioana Manolescu : StatCheck : vers un accès rapide et sûr à des statistiques de qualité
Directrice de recherche INRIA et professeure à l’Ecole Polytechnique, directrice de l’équipe de recherche, liée à ces deux institutions ainsi qu’au CNRS, et travaille sur le traitement de données informatiques, notamment pour créer des algorithmes capables de vérifier des informations journalistiques (fact-checking).
Table-ronde de clôture :
David Larousserie, journaliste et physicien. Formé à l’École polytechnique, il s’est spécialisé ensuite dans la vulgarisation scientifique. Son travail se concentre principalement sur la communication de concepts scientifiques complexes au grand public. Il contribue notamment au blog « A la source » du journal Le Monde.
Inès Safi, physicienne CNRS, Laboratoire de physique des solides de l’Université Paris-Saclay. Elle étudie notamment les propriétés du transport quantique électronique ; et elle est aussi investie dans la vulgarisation de la physique quantique et de sa philosophie[, ainsi que dans l’histoire des sciences. Ines Safi est membre du Cosneil d’orientation du Centre Teilhard de Chardin.
Irène Vignon-Clémentel, directrice de recherche INRIA. Ses travaux de modélisation mathématique portent sur les méthodes de simulation numérique appliquées au domaine de la médecine, notamment la biodynamique des flux sanguins et la simulation par jumeaux numériques humains. Elle porte une attention particulière à l’appropriation des travaux scientifiques intégrant l’expérience clinique.
Table-ronde animée par Bertrand Thirion, chercheur INRIA / équipe Mind qui développe des techniques statistiques et d’apprentissage automatique pour l’imagerie cérébrale. Il participe aux travaux du centre Neurospin du CEA, centre d’IRM à haut champ pour l’imagerie cérébrale et a cofondé la start-up Karavela. Membre de l’Académie des sciences, il est aussi responsable du groupe de réflexion IA du Centre Teilhard de Chardin.
Inscription obligatoire