« En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Mathieu 25, 40.
Voilà pourquoi le vicariat pour les personnes handicapées s’adresse à « nos frères et sœurs handicapées ».
La mission première du vicariat est de veiller à ce que toutes personnes, quel que soit son handicap, puisse rencontrer le Christ et être accompagnée dans son cheminement de foi.
Pour cela, nous allons mener un travail d’information et de sensibilisation à l’accueil de ces personnes dans les communautés paroissiales. Le vicariat souhaite aider chaque personne handicapée, et son entourage, à trouver un lieu et des moyens pour vivre de sa foi dans l’Église diocésaine.
Le Vicariat des Personnes Handicapées souhaite mettre à votre disposition des catéchistes utilisant une catéchèse dont la pédagogie est adaptée aux besoins, des ressources, des renseignements, des formations au vicariat ou issues des autres services ou des associations partenaires, un agenda, les dates de rassemblements, des idées d’activités.
« Chacun de nous est responsable de son voisin, nous sommes tous les gardiens de nos frères et sœurs, où qu’ils vivent » Pape François, 12 septembre 2015
Projet diocésain du Vicariat des Personnes Handicapées
Retour en images sur la fête des 20 ans de la loi handicap
Samedi 29 novembre 2025, à cette occasion, le VPH a réuni 300 personnes issues de 14 associations
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Retour sur la journée des Ulis du 29 avril 2025
Les élèves d’Ulis de 7 collèges et lycées se réunissent autour d’un même thème : l’engagement. Témoignages, partage, réflexion, prière et chants, avec Grégory Turpin.
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Retour sur la journée diocésaine des personnes en situation de handicap mental du 13 octobre 2024
Beaucoup de joie et de sourire à la paroisse Saint Jean-Baptiste de la Salle pour cette journée !
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La Parole sous le signe
Bravant l’isolement de la pandémie, les fidèles sourds et malentendants parisiens viennent recevoir la parole de Dieu au cours d’une messe en langue des signes française (LSF) qui leur est dédiée deux fois par mois en plein cœur de Paris. Courte plongée dans cette communauté fervente, au silence habité par le sens.
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Appel décisif de 3 jeunes handicapées
Retour en images sur la célébration du 12 mars durant laquelle 3 jeunes handicapées ont été appelées au baptême.
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Synode : à l’écoute des plus fragiles
Mercredi 30 mars 2022, le vicariat des Personnes handicapées (VPH) organisait pour la deuxième fois un atelier synodal, avec une vingtaine de personnes. Entretien avec Renée Taponier, responsable du groupe de catéchèse adaptée Frat-Amitié, qui réunit une dizaine de personnes handicapées une fois par mois.
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Voir Ensemble : Audience privée avec le pape François
28 membres de Voir Ensemble, Mouvement chrétien des personnes aveugles et malvoyantes ont été reçus en audience privée par le pape François le samedi 19 février,
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Retour sur la soirée témoignage sur l’autisme avec Marie et Annick Deshays
Marie Deshays est venue nous témoigner de son travail auprès de sa fille, Annick, autiste, polyhandicapée et qui ne parle pas. Retour sur ce témoignage qui dévoile un grand respect de la personne handicapée et un beau chemin de foi .
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Pastorale des sourds et Malentendants
Le dimanche 11 septembre 2022 a été organisée la première journée diocésaine avec les personnes sourdes et malentendantes. Agnès Khouas-Petit, coordinatrice de la pastorale des sourds pour le diocèse de Paris, revient sur cette belle journée et nous présente sa mission.
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JMJ 2023 - Destination Lisbonne
Du 1er au 6 août 2023, le Pape François convie tous les jeunes de 18 à 30 ans à se retrouver à Lisbonne pour les Journées Mondiales de la Jeunesse.
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À St-Médard, une première messe signée
À l’occasion de la 1ère édition de la Journée diocésaine pour les personnes sourdes et malentendantes, plus de soixante fidèles se sont mêlés aux paroissiens de l’église St-Médard dimanche 11 septembre pour une messe « signée » suivie d’un temps de rencontre et de jeux pour créer des ponts.
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Handicap : une première rencontre parisienne dans l’espérance
Un événement spécial était organisé samedi 3 décembre à St Jean-Baptiste de Belleville à l’occasion de la journée internationale des personnes handicapées.
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Centenaire, le père Jacques Cuche est sur le...
Centenaire, le père Jacques Cuche est sur le plateau de KTO pour témoigner de sa joie d'être prêtre aujourd'hui pour le monde d'aujourd'hui.
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Retour sur la marche de saint Joseph 2023
Le thème de cette année était « Lève-toi, prends ton brancard et marche ». De nombreuses personnes porteuses de tous types de handicap étaient présentes.
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Les classes ULIS en fête au Collège des Bernardins
Les classes ULIS, pour les élèves en situation de handicap, de sept collèges et lycées parisiens se sont retrouvées mardi 4 avril aux Bernardins pour une journée festive, organisée par le diocèse de Paris autour du thème « Laudato Si’ ! ». L’occasion d’allier moments de fraternité et ateliers de sensibilisation à l’écologie intégrale.
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Holy Games : l’esprit des jeux paralympiques de 2024
Découvrez le projet « Holy Games », dédié à l’accompagnement et à la mobilisation autour des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
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Les personnes handicapées, un « trésor évangélique »
Le 3 décembre, Journée internationale des personnes handicapées, tombe cette année un dimanche. L’occasion de vivre cet événement d’une manière renouvelée dans les églises de Paris. Entretien avec le P. Jean Rencki, curé de Ste-Colette des Buttes-Chaumont, paroisse dans laquelle les personnes en situation de handicap occupent une place particulière.
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Messe d’ouverture de la Route extra-ordinaire, à l’occasion des Jeux paralympiques
Le mercredi 28 août 2024, une messe a été célébrée à l'église de La Madeleine (8e). Tous étaient invités : personnes avec ou sans handicap, familles, amis, accompagnateurs, professionnels.
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Pour les Jeux paralympiques, la flamme missionnaire ne s’éteint pas
Paris accueille, pour la première fois, les Jeux paralympiques du 28 août au 8 septembre. À cette occasion, l’Église de Paris prend part à la fête en la rendant accessible aux plus fragiles et notamment les personnes en situation de handicap.
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Retour sur les jeux paralympiques 2024
Dans la lancée des jeux paralympiques, nous vous proposons 2 articles pour revenir sur ces jeux et réfléchir sur la place des personnes handicapées dans notre société.
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Intervention sur les aidants à la conférence des évêques de France
Lors d'une rencontre de responsables diocésains organisée par la Conférence des Évêques de France, Olivier Calon est intervenu pour évoquer la réalité de la vie des aidants.
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Retour en images sur la fête des 20 ans de la loi handicap
Samedi 29 novembre 2025, à cette occasion, le VPH a réuni 300 personnes issues de 14 associations
Nous avons vécu une après-midi festive sur 2 Vedettes du Pont Neuf avec un accueil des plus chaleureux !
Paris vu de la Seine, description aussi en LSF, en braille.
Les Chants - de « Comment ne pas te louer » à « Champs Élysées » - n’ont pas éloigné le crachin mais ont manifesté la joie d’être tous ensemble !
Sourires et regards émerveillés : une première en bateau mouche pour beaucoup ! Puis tous sont allés aux vêpres, à la cathédrale, présidées par le Père Jean-Christophe Vinot, Vicaire épiscopal pour les personnes handicapées.
Les élèves d’Ulis de 7 collèges et lycées se réunissent autour d’un même thème : l’engagement. Témoignages, partage, réflexion, prière et chants, avec Grégory Turpin.
“Alors à l’année prochaine !” nous dit Benoît, les joues encore rouges tant il a chanté et dansé. Les organisatrices se regardent en souriant : rien n’est encore prévu, mais, si la demande est là…
Ce 29 avril 2025, dès le début de la matinée les locaux de la Direction de l’Enseignement catholique de Paris accueillaient 114 jeunes dont la joie était palpable. Scolarisés dans les dispositifs Ulis de sept établissements parisiens, ils partagent leur temps entre des activités adaptées à leurs besoins, et des apprentissages actifs dans des classes ordinaires de collège et lycée. Ces jeunes sont extra-ordinaires car tous sont en situation de handicap.
Ils se sont donc retrouvés pour une journée organisée par la Direction de l’Enseignement catholique de Paris et le Vicariat des personnes handicapées du Diocèse de Paris, dont le thème était « Engagez-vous, vous aussi ! » Plusieurs témoins de l’engagement au sein d’association diverses, telles Holy Games, Aux captifs la libération, dans le monde de l’écologie, dans l’univers des Ehpad, de la distribution de repas ou du soutien scolaire, en France, à Madagascar ou au Sénégal, se sont adressés à eux, réunis en petits groupes, pour raconter leur engagement, combien il est porteur d’espérance, la joie qu’ils en tirent. Et surtout à quel point leur présence à eux, les élèves des Ulis, serait utile.
Un déjeuner a réuni les élèves et leurs accompagnateurs ainsi que les témoins sous la lumineuse verrière de l’atrium de la Direction diocésaine, puis, l’après-midi, tous ont chanté, dansé et loué Dieu avec Grégory Turpin et Vinz le Mariachi, chanteurs et compositeurs bien connus de tous. Le P. Jean-Christophe Vinot, Vicaire épiscopal pour les personnes handicapées depuis 2023, clôt cette joyeuse journée par un temps de prière pendant lequel chacun a entendu ce message : « Vous avez rencontré tout au long de la journée ces personnes qui s’engagent ? Et bien vous aussi, vous pouvez embellir le monde ou votre lycée ! Allez-y ! »
Et après ? Certaines de ces rencontres vont se prolonger car les adultes comme leurs élèves souhaitent participer aux engagements proposés. Un professeur travaillera le thème des communes forestières dans les mois qui suivent en lien avec Patricia Morhet-Richaud, ancienne sénatrice ; les élèves de Sainte-Thérèse entreront en contact avec les élèves d’un village sénégalais, vivant chacun dans une fragilité, via l’association les Enfants de Kedougou. Nathalie de Pommerol, coordinatrice de l’Ulis de Saint-Vincent de Paul dont les élèves ont échangé avec une bénévole dans un Ehpad réfléchit avec ses élèves comment faire sortir de leur enfermement ces personnes du 3e âge. Un bénévole dans une distribution de repas dans une paroisse versaillaise est touché par sa discussion avec les élèves de Ulis sur l’exclusion, bel échange de part et d’autre… Jean Yves van Lemmens, porteur de la flamme lors des JO de 2024 et pratiquant le handisport, a pu évoquer avec 2 classes Ulis un projet handi-ski et divers sports d’hiver qui font déjà rêver les élèves.
Alice de RAMBUTEAU - Chargée des Relations publiques de la Direction de l’Enseignement catholique de Paris
Retour sur la journée diocésaine des personnes en situation de handicap mental du 13 octobre 2024
Beaucoup de joie et de sourire à la paroisse Saint Jean-Baptiste de la Salle pour cette journée !
La journée diocésaine des personnes en situation de handicap mental qui a eu lieu à la paroisse Saint Jean-Baptiste de la Salle où nous avons été très bien accueillis par le père O’mahony, curé. Plusieurs servants de messe avec un handicap se sont joints à ceux de la paroisse. Christophe Sempré, diacre en charge des référents et délégué au VPH, a rejoint Patrick diacre de la paroisse. Merci aussi à lui de son accueil !
Un apéritif dans la cour ensoleillée a permis quelques échanges et un chant mimé !
Puis nous nous sommes retrouvés pour un pique-nique tiré du sac.
Quatre ateliers ont été proposés dans l’après-midi : dessins, théâtre et utilisation des figurines de la « valise de la parole », le 1er commandement en rythmo catéchèse.
Beaucoup de joie, de chants, de sourires partagés !
Bravant l’isolement de la pandémie, les fidèles sourds et malentendants parisiens viennent recevoir la parole de Dieu au cours d’une messe en langue des signes française (LSF) qui leur est dédiée deux fois par mois en plein cœur de Paris. Courte plongée dans cette communauté fervente, au silence habité par le sens.
Il faut s’inscrire en avance et la jauge est toujours atteinte. Un dimanche sur deux, une vingtaine de fidèles sourds ou malentendants se retrouvent rue Saint-Jacques, dans la chapelle du premier étage de l’Institut national des jeunes sourds (5e). Du gel à l’entrée, un masque obligatoire, chacun prend place sur des chaises espacées les unes des autres pour marquer une distance sanitaire. De près comme de loin, les regards se croisent, les mots jaillissent sous les doigts et fusent d’un bout à l’autre de la salle. C’est tout un réseau de signes silencieux et animés qui se tisse et abolit la distance. En temps normal, entre cinquante et quatre-vingts fidèles malentendants assistent à ces messes signées mises en place depuis une dizaine d’années par la pastorale des Sourds du diocèse de Paris. Slalomant entre les fidèles qu’il salue avec chaleur, le P. Paul Diemert, aumônier régional des sourds, monte vers l’autel célébrer la messe, secondé par une interprète en LSF. Seul prêtre bilingue de Paris, ses paroles, plus articulées, accompagnées de gestes et d’expressions en LSF, donnent un éclairage incarné aux mots de la liturgie. « Jésus » ainsi se traduit par un signe qui montre avec le majeur l’emplacement des stigmates sur chaque main. Avec « amitié », les doigts recourbés des deux mains se rejoignent sur le cœur. Pour cet entendant qui invite à « se plonger dans le monde des sourds », « célébrer la messe demande une grande présence physique, car c’est toute la personne qui est là », assure-t-il en ajoutant qu’il est toujours « ému » par la grande capacité de tous à se concentrer. L’un après l’autre, les lecteurs qui signent la Bible se succèdent face à l’assemblée.
À leur gauche défi lent les textes de la liturgie sur un écran projeté, pour permettre aux malentendants qui ne maîtrisent pas bien la LSF de suivre.
Livia, jeune maman d’un bébé dont elle prépare le baptême s’avance pour lire un psaume qu’elle a préparé en amont en regardant une vidéo. Son beau profil tourné vers le ciel, elle s’adresse à Dieu d’abord et entonne avec des gestes amples, où il semble qu’elle donne et reçoit en même temps : « Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures. » Elle témoigne après la messe : « Il semblait que Jésus était là avec moi. Cela apporte paix et sagesse de pouvoir lire devant une assemblée. C’est important de comprendre et parler la parole de Dieu. » Equipée d’un masque transparent pour permettre la lecture labiale, appui visuel dont le masque classique prive les malentendants, Agnès Khouas-Petit s’avance vers l’autel pour les annonces. De ses longs doigts fins et le visage rayonnant, elle dit espérer comme beaucoup que le pèlerinage prévu à Lourdes (Hautes-Pyrénées) ait toujours lieu cette année. Pivot depuis deux ans de la pastorale des Sourds au sein du vicariat pour les personnes handicapées, la jeune femme œuvre pour la meilleure inclusion des fidèles dans les paroisses de Paris. « Nous aurions aussi besoin que des prêtres se forment à la LSF pour pouvoir communiquer directement avec les personnes sourdes, célébrer les messes en LSF et faciliter l’accès aux sacrements », encourage-t-elle avec un immense sourire.
Mathilde Morandi
Appel décisif de 3 jeunes handicapées
Retour en images sur la célébration du 12 mars durant laquelle 3 jeunes handicapées ont été appelées au baptême.
Le samedi 12 mars 2022, Mgr Philippe Marsset, évêque auxiliaire, a appelé 175 jeunes catéchumènes qui seront baptisés à Pâques ; parmi eux, 3 jeunes handicapées de la paroisse Saint-Luc.
Mercredi 30 mars 2022, le vicariat des Personnes handicapées (VPH) organisait pour la deuxième fois un atelier synodal, avec une vingtaine de personnes. Entretien avec Renée Taponier, responsable du groupe de catéchèse adaptée Frat-Amitié, qui réunit une dizaine de personnes handicapées une fois par mois.
Autour de la table pour un atelier synodal : André Polti (catéchèse adaptée à N.-D.-du-Travail (14e) et au Tremplin), Anne Legrain (catéchèse adaptée pour autisme à St-Jean- Baptiste-de-la-Salle (15e)), Monica Varela (membre d’une communauté de l’Arche), Régine Spriet (catéchèse adaptée au polyhandicap) et le P. Franck Souron, vicaire épiscopal en charge du vicariat des Personnes handicapées.
Paris Notre-Dame – Comment s’est déroulé cet atelier synodal ?
Renée Taponier – Une vingtaine de personnes avaient répondu présent, venant des groupes de catéchèse adaptée du diocèse, de l’Arche, de Foi et Lumière, de l’Office chrétien des handicapés (OCH), de la pastorale des sourds et des malentendants, etc. Personnes « valides » – même si, selon moi, nous avons tous un handicap – et porteuses de handicap étaient mélangées. L’objectif était de pouvoir échanger, en petits groupes de six personnes, autour d’un questionnaire qui proposait trois temps, tous minutés : d’abord se présenter, puis relire nos expériences dans nos paroisses, nos joies et nos peines, et enfin discerner là où l’Esprit Saint veut nous conduire et quels chemins s’ouvrent dans nos églises locales. Ce principe d’échange sur un temps court et en petits groupes a donné lieu à un temps de partage très riche, en permettant à chacun d’aller directement à l’essentiel.
P. N.-D. – Que retenez-vous de vos échanges ?
R. T. – Premièrement, notre grande motivation à ce que les différents groupes et associations liés au handicap aient davantage de liens et de temps de rencontres. Nous avons aussi pu exprimer, à diverses reprises, le besoin, pour nos différents groupes, de pouvoir être proche d’une paroisse et la nécessité que le curé – et la communauté paroissiale – accepte de nous accueillir, non pas en périphérie, mais au milieu de tous. Le synode nous donne cette opportunité de faire bouger les choses, en ouvrant un temps de réflexion et de dialogue qui manquait : nous sommes tous appelés à cheminer ensemble pour faire avancer l’Église. Il faut se mettre à l’écoute des plus fragiles et découvrir leur richesse, les inclure dans la réflexion car ils sont aussi capables d’exprimer des choses. Il est temps de bousculer les paroisses, et je suis convaincue que dans l’Église, on va réussir à accueillir les personnes handicapées d’une autre façon !
P. N.-D. – Que voulez-vous dire ?
R. T. – Certaines paroisses manifestent une réelle motivation à nous accueillir mais d’autres le font difficilement ou alors en périphérie. On ne peut pas laisser les personnes handicapées dans un coin et seulement entre elles, même si c’est au premier rang. Elles font partie de la communauté paroissiale, elles doivent être au milieu de l’assemblée. Certaines savent lire, d’autres servir la messe : pourquoi les exclure de l’animation ou du service à cause de leur handicap ? Elles sont aussi capables de vivre une expérience de pèlerinage, j’ai pu le vérifier lors des nombreux voyages que j’ai organisés avec elles. Bien sûr, parfois c’est difficile, elles sont bruyantes, elles peuvent manifester très spontanément leur joie… et alors ? Il faut se laisser déranger par elles, et les regarder avec la même tendresse que le Christ nous regarde. Et en retour, je peux témoigner que ce sont ces personnes handicapées qui nous font avancer, parce qu’elles nous bousculent et qu’elles vont à l’essentiel.
Propos recueillis par Charlotte Reynaud
Voir Ensemble : Audience privée avec le pape François
28 membres de Voir Ensemble, Mouvement chrétien des personnes aveugles et malvoyantes ont été reçus en audience privée par le pape François le samedi 19 février,
L’accueil a été particulièrement fraternel et chaleureux.
Le père Hervé Rollin, prêtre malvoyant et aumônier national, a évoqué le rayonnement spirituel du Conseil pastoral du mouvement auprès des 2 500 adhérents, répartis en 55 groupes locaux, et des 2 000 usagers accompagnés dans les 33 établissements et services de Voir Ensemble. Il a mis l’accent sur le pèlerinage annuel à Lourdes.
Le président national de l’association, Jacques Charlin a développé deux des spécificités de Voir Ensemble : sa dimension chrétienne et son action de solidarité internationale
Le Saint Père a répondu avec une conviction communicative, ô combien ! Il a rappelé la création du mouvement en juillet 1927, à LYON, par le père Yves Mollat, prêtre jésuite aveugle ; il a insisté sur la vocation apostolique pour les chrétiens ; il a souligné la prééminence du regard intérieur, en citant Antoine DE Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. »
Le pape François a tenu à saluer et bénir individuellement toutes les personnes déficientes visuelles, ainsi que leurs guides.
Les participants à l’audience sont revenus du Vatican émus, émerveillés et heureux. Ils garderont un souvenir inoubliable de ce moment privilégié.
Retour sur la soirée témoignage sur l’autisme avec Marie et Annick Deshays
Marie Deshays est venue nous témoigner de son travail auprès de sa fille, Annick, autiste, polyhandicapée et qui ne parle pas. Retour sur ce témoignage qui dévoile un grand respect de la personne handicapée et un beau chemin de foi .
Les parents sont convaincus de l’intelligence de leur fille et cherchent à lui transmettre culture et connaissance. Mais comment vérifier ?
Orthophonistes, psychothérapeutes, méthode Teach, se succèdent.
Quand elle a 25 ans, Annick commence à communiquer grâce au clavier d’un ordinateur. Les échanges portent d’abord sur des éléments très factuels : les couleurs, j’aime / je n’aime pas ? Des questions dont la réponse est Oui/ Non.
Marie soutient la main de sa fille sur le clavier : le manque d’initiative, de mise en route caractérise l’autisme d’Annick. L’accompagnement du geste provoque l’impulsion, le démarrage.
Puis après avoir vérifié qu’il s’agit bien des réponses d’Annick, Marie et elles commencent à échanger sur des questions de vie plus fondamentales, c’est ainsi que la philosophie est abordée et que bientôt Annick suit des cours de philosophie via le CNED.
Il y a, dans ce témoignage, un grand respect de la personne handicapée. Marie l’entraine sans prendre sa place, sans s’exprimer à sa place.
Annick exprime combien ses handicaps ne l’empêchent pas de faire son chemin de foi et témoigne de sa fragilité.
Et notre philosophe d’écrire :
« se soumettre aux conditions du moment, aux exigences techniques, au respect des autres et de l’éthique humaine, savoir entendre ses directions d’esprit et s’y abandonner en toute confiance, c’est la sagesse du vrai chercheur. C’est aussi celle du chrétien, comme le constate Pascal. Se soumettre à la volonté de Dieu ou aux exigences d’une foi en un dieu de paix, quel que soit son nom est une façon de faire son chemin de vie dans une démarche fertile et sereine ».
« Avoir Jésus pour ami est la plus grande des consolations et peut faire de chacun de nous un disciple reconnaissant, joyeux et capable de témoigner que sa propre fragilité n’est pas un obstacle pour vivre et communiquer l’Évangile. L’amitié confiante et personnelle avec Jésus peut devenir, en effet, la clé spirituelle pour accepter les limites que nous connaissons tous et pour vivre notre condition de manière réconciliée ». MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES PERSONNES HANDICAPÉES 3 déc. 2021
Pastorale des sourds et Malentendants
Le dimanche 11 septembre 2022 a été organisée la première journée diocésaine avec les personnes sourdes et malentendantes. Agnès Khouas-Petit, coordinatrice de la pastorale des sourds pour le diocèse de Paris, revient sur cette belle journée et nous présente sa mission.
C’est après les JMJ de Madrid que j’ai découvert l’aumônerie des sourds de Paris. J’ai commencé à traduire les lectures et les chants de la messe. La langue des signes m’a permis de redécouvrir la Foi. En effet quand on traduit les lectures de la messe, cela implique de comprendre vraiment les textes car en langue des signes, c’est tout le corps qui s’exprime. Dans l’élan de cette découverte, j’ai voulu plus m’engager et depuis 3 ans, je suis coordinatrice à la Pastorale des Sourds au sein du Vicariat des Personnes Handicapées du diocèse de Paris.
Ce dimanche 11 septembre, nous avons organisé la première journée diocésaine avec les personnes sourdes et malentendantes à la paroisse Saint-Médard (Paris 5e) et Saint Jacques du Haut Pas. La messe a été présidée par le père Philippe Cazala, qui apprend la Langue des Signes Française (LSF) depuis un an. Des personnes sourdes ont signé les lectures de la messe et des prières (Credo, Notre Père) et un interprète était aussi présent. Après un apéritif et un déjeuner partagé, nous avons vécu de beaux moments de partage entre sourds et entendants : petits sketchs pour découvrir la LSF, apprentissage de quelques signes.
D’autres messes sont prévues à Saint Médard au cours de l’année (dates disponibles ici) pour les sourds et malentendants. La Pastorale des Sourds a pour mission de préparer les personnes sourdes aux sacrements, de proposer un catéchisme adapté et de rendre accessible certains événements diocésains comme le Frat et les JMJ grâce à la présence d’interprètes en LSF.
Pour finir, je souhaitais vous dire qu’il fallait oser aller vers les sourds et les mal entendants que vous croisez dans vos paroisses. C’est souvent compliqué de suivre la messe et de s’intégrer dans les communautés. Alors posez des petits gestes simples : échanger un regard, aider à suivre sur la feuille de chants, écrire l’homélie ou la prière universelle.
Agnès Khouas-Petit, coordinatrice de la pastorale des sourds pour le diocèse de Paris
JMJ 2023 - Destination Lisbonne
Du 1er au 6 août 2023, le Pape François convie tous les jeunes de 18 à 30 ans à se retrouver à Lisbonne pour les Journées Mondiales de la Jeunesse.
Ces JMJ auront pour thème « Marie se leva et partit en hâte » (Luc 1, 39).
Un groupe s’organise pour les personnes handicapées et nous recherchons également des personnes prêtes à les accompagner.
Mail : contact@jmjparis.org - Lucile
À l’occasion de la 1ère édition de la Journée diocésaine pour les personnes sourdes et malentendantes, plus de soixante fidèles se sont mêlés aux paroissiens de l’église St-Médard dimanche 11 septembre pour une messe « signée » suivie d’un temps de rencontre et de jeux pour créer des ponts.
L’air est silencieux mais vibre d’appréhension et d’excitation ce matin-là entre les rangées de paroissiens de l’église St-Médard (5e) peu avant que les cloches ne sonnent onze heures. C’est la première fois ici que la messe du dimanche est célébrée et traduite en langue des signes française (LSF) en direct par le célébrant, le P. Philippe Cazala, vicaire de la paroisse, qui vient d’achever une formation LSF d’un an.
Rassemblés autour des premiers rangs, où une boucle magnétique a été installée afin de mieux transmettre le son aux porteurs d’appareils auditifs, la communauté dont les messes étaient célébrées à St-Jacques du Haut-Pas (5e) fait passer dans les rangs les feuilles des textes de la célébration. Sur l’une d’elles figure d’avance l’homélie du P. Cazala, ce qui permet plus particulièrement aux malentendants qui ne connaissent pas bien la langue des signes de mieux faire corps avec l’assemblée.
À gauche de l’autel, chants, textes, prières signés trouvent une incarnation vivante et imagée au travers d’une interprète et de plusieurs lecteurs qui se succèdent, face à des paroissiens que le P. Albert Gambart trouve très à l’écoute ce jour-là. « Vous nous avez permis de mieux entendre, et avec des oreilles plus attentives, les textes et les chants aujourd’hui », témoigne-t-il alors que le P. Cazala invite tous les paroissiens à se retrouver pour un apéritif offert sur le parvis. « Osez la joie de la rencontre ! », insiste le P. Franck Souron, vicaire épiscopal au vicariat des personnes handicapées, avant d’ajouter : « Toujours en nous réside un peu de peur d’aller à la rencontre de l’autre, et c’est naturel. Mais c’est ce qui résiste en nous à la joie que le Seigneur veut nous donner. »
« Sentir la prière du dedans »
Sur le parvis, au soleil, beaucoup de réactions enjouées fusent : « Pour une fois mes enfants se sont tenus tranquilles, ils étaient captivés par ce qu’il se passait ! », lance le père de deux garçons aux yeux espiègles. Christine, 50 ans, qui accompagnait sa mère malentendante à la messe est enthousiaste : « C’est utile et c’est beau », lance-t-elle, à l’unisson avec Françoise, paroissienne de 78 ans pour qui cette initiative fait « chaud au coeur ». « Dès le chant d’entrée, j’ai ressenti de l’émerveillement », révèle Elma, 31 ans, venue exprès à cette messe signée. Pour cette jeune paroissienne de St-Ambroise (11e) qui apprend la LSF depuis deux ans, cette messe lui a donné l’impression de « vivre, sentir la prière du dedans ».
Venu assister à cette première messe signée qui sera amenée à se répéter tous les mois à St-Médard, le P. Paul Diemert, retraité depuis un an suite à un AVC et qui fut pendant quarante-six ans aumônier des personnes sourdes et malentendantes arbore un sourire bienheureux : « Il faut s’immerger dans le monde des sourds », insiste-t-il, « le faire connaître, se mélanger. Il faut ouvrir les fenêtres et les portes, sortir du confinement ».
L’après-midi, dans la salle paroissiale, ils sont une trentaine à se joindre aux activités et aux jeux de mimes imaginés en lien avec d’autres fidèles par Agnès Khouas-Petit, en charge, au diocèse, de la pastorale des sourds et malentendants. « Je suis contente que beaucoup d’entre nous aient fait connaissance avec le P. Cazala », se réjouit-elle. Et de poursuivre : « La LSF n’est pas une langue figée et c’est important que nous puissions réfléchir avec des prêtres formés à la LSF pour continuer d’enrichir l’expression de notre foi. »
Mathilde Morandi
Handicap : une première rencontre parisienne dans l’espérance
Un événement spécial était organisé samedi 3 décembre à St Jean-Baptiste de Belleville à l’occasion de la journée internationale des personnes handicapées.
En cet après-midi du 3 décembre, ils sont une centaine à avoir bravé le froid et répondu présent à l’invitation de la fondation de l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH)… soit près du double des inscrits à cette première parisienne. « Beaucoup sont même arrivés en avance, souligne Isabelle Dieudonné du Vicariat pour les personnes handicapées. Ils étaient pressés de se retrouver ! » Dès leur arrivée, les participants sont orientés vers l’une des quatre salles décorées de la paroisse de St-Jean-Baptiste de Belleville (19e) où les attendent animateurs, musiciens, boissons et gâteaux. Pas moins de huit associations co-organisent la journée : l’OCH, à l’initiative de ce rassemblent, mais également Simon de Cyrène, Foi et lumière, l’Arche, les Relais lumière espérance, Voir ensemble, le Vicariat diocésain des personnes handicapées et la Pastorale des personnes handicapées de la Conférence des évêques de France (CEF). Émilie de Laitre, en charge de l’organisation de la journée pour l’OCH, se réjouit : « L’objectif de cette rencontre est vraiment de passer du temps ensemble. Nous ne nous connaissons pas forcément et nous voulions permettre un moment convivial et fraternel. » Dès les premières minutes, les participants brisent rapidement la glace grâce à des jeux accessibles à tous. Ainsi, les cartes permettant de retrouver son binôme dans la salle sont transcrites au verso en braille et une interprète en langue des signes partage et traduit l’intégralité des échanges. Jean-Noël, 58 ans, sa chienne guide d’aveugle Loona allongée à ses pieds, est membre de l’association Voir ensemble. « J’étais curieux de découvrir ce qui peut animer la foi des autres personnes handicapées, ce qui les pousse à avancer malgré les difficultés. L’espérance peut-être ? », avance-t-il dans un grand sourire. Et de regretter : « J’aimerais juste que les gens viennent plus vers nous. On a parfois l’impression d’être tout seul dans la foule surtout quand on assiste à la messe dans une paroisse que l’on ne connaît pas. »
« Bienvenue en Terre Sainte ! »
Ultime temps fort de la journée justement, la messe anticipée est l’occasion de vivre cette fraternité avec les fidèles de cette paroisse de l’est parisien. La célébration est traduite en langue des signes et partagée en audiodescription dans des casques. « Vous êtes ici dans la paroisse St-Jean-Baptiste. Vous êtes à côté du métro "Jourdain". Rue de Palestine. Ici c’est une terre sainte. Bienvenue en Terre Sainte ! », lance le P. Christian Mahéas, curé de la paroisse et accompagnateur spirituel de l’OCH. L’émotion est palpable dans l’assemblée, lorsque quelques instants plus tard, André Haurine, diacre du diocèse de Nanterre (Hauts-de-Seine) et non voyant, ses mains courant sur un évangile en braille, chante le texte d’une voix forte et profonde. « C’était André mais c’était aussi Jean-Baptiste », partage le P. Mahéas, encore ému, dès les premiers mots de son homélie. « Quand je vois ce petit peuple rassemblé, petit peuple souvent mis de côté, qu’on n’entend pas, qu’on ne voit pas, qu’on n’écoute pas, je sais que Jésus est là et que le Royaume est en train d’advenir. » Aux yeux du P. Christophe Sperissen, responsable national du service de la catéchèse adaptée à la CEF, il est important que l’Église « se saisisse de l’opportunité » de cette journée. Josette, 73 ans, membre de Foi et lumière, conclut : « J’espère qu’il y aura une autre réunion l’année prochaine… ou même avant ! »
Mathilde Rambaud
Centenaire, le père Jacques Cuche est sur le...
Centenaire, le père Jacques Cuche est sur le plateau de KTO pour témoigner de sa joie d'être prêtre aujourd'hui pour le monde d'aujourd'hui.
Doublement doyen des prêtres du diocèse de Paris et par son âge, né le 26 janvier 1922 et par la date de mon ordination sacerdotale, 20 avril 1946. Il a donc connu les années de ministère précédant le concile, le désir ardent de ce que le pape St Jean XXIII a appelé l’aggiornamento de l’Eglise et la mise en place de ce renouveau, de ce "passage de l’anathème au dialogue " (Paul VI, le 7 décembre 1965). A l’invitation de Mgr Rouet, il a écrit et publié "75 ans au service du Seigneur et des hommes, mes frères" (Parole et silence). "Je veux dire ma joie d’être au soir de ma vie, pleinement conscient d’avoir été conduit et bousculé par le Seigneur".
Retour sur la marche de saint Joseph 2023
Le thème de cette année était « Lève-toi, prends ton brancard et marche ». De nombreuses personnes porteuses de tous types de handicap étaient présentes.
La marche Saint Joseph a réuni 2000 pères et hommes ce dimanche 23 mars 2023.
Cette année, le thème était « Lève-toi, prends ton brancard et marche », les pèlerins handicapés ou fragilisés étaient massivement invités. C’est un défi qui a été relevé par les chapitres puisque de nombreuses personnes porteuses de tous types de handicap étaient présentes au sein des chapitres. Cela a permis de vivre une belle expérience fraternelle et spirituelle.
Après avoir marché jusqu’au Sacré Cœur, nous avons participé à la messe votive à Saint Joseph. Puis nous avons fait une procession guidée par la statue de Saint Joseph transportée en joëlette dans le quartier de Montmartre en méditant les mystères douloureux. Le père Augustin Bourgues et Thibault Leblond - responsable de la délégation Solidarité du diocèse - nous ont ensuite témoigné leur expérience avec les personnes pauvres et nous ont donné des conseils pour entrer en relation avec celles-ci. Après un diner dans le froid, agréablement agrémenté par la soupe chaude servie par les scouts, nous sommes retournés dans la Basilique pour une veillée d’adoration suivie des complies.
« Le mouvement est maintenant lancé et ce n’est qu’un début. Le handicap est maintenant une composante importante de cette marche. » nous a écrit Laurent Glaenzer
Les classes ULIS en fête au Collège des Bernardins
Les classes ULIS, pour les élèves en situation de handicap, de sept collèges et lycées parisiens se sont retrouvées mardi 4 avril aux Bernardins pour une journée festive, organisée par le diocèse de Paris autour du thème « Laudato Si’ ! ». L’occasion d’allier moments de fraternité et ateliers de sensibilisation à l’écologie intégrale.
Ils étaient une centaine à se réunir dans la grande salle Lexington, au Collège des Bernardins. Collégiens et lycéens de sept établissements de l’enseignement catholique de Paris, scolarisés en ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire) [2] ont répondu, dans une joyeuse agitation, à l’invitation du vicariat des Personnes handicapées. « Nous avions à cœur d’organiser cet événement dans un lieu qui soit très beau, explique Isabelle Dieudonné, responsable adjointe du vicariat des Personnes handicapées. Pour leur permettre de se réunir dans une ambiance festive et décontractée, il fallait organiser une journée à leur portée et à leur rythme. Eux aussi ont quelque chose à nous dire de la sauvegarde de notre “maison commune”. »
Les invitations ont été lancées à toutes les classes ULIS du réseau de l’enseignement catholique de Paris par Florence Mirande, référente handicap pour l’Enseignement catholique, et ce sont les établissements Saint-Vincent-de- Paul, Sainte-Ursule, Sainte-Thérèse, Fénelon, Saint-Nicolas, Stanislas et Saint-Jean-de-Dieu qui ont répondu à l’appel. À dix heures, les derniers arrivants se pressent gaiement aux portes du Collège des Bernardins, avant de rejoindre la salle pour une présentation de la journée. Pour l’occasion, chaque établissement a dessiné et décoré des lettres de l’alphabet afin d’écrire les mots « génération Laudato Si’ ! », en lien avec le titre de l’encyclique du pape François portant sur l’écologie et l’environnement. Alors que les élèves se succèdent sur l’estrade, les mots colorés remplissent progressivement le tableau blanc. Un sourire illumine les visages de Jean, Louise et William, fiers de représenter leur collège, Sainte-Ursule (17e), tandis que Quitterie accroche au tableau son « R » et son « A » éclatants.
Élan de solidarité
Après un mot d’accueil de Laurent Landete, directeur général du Collège des Bernardins, tous entonnent en chœur un chant de louanges appris pour l’occasion. Les cris de joie et les rires résonnent dans la grande salle, sous le regard ému de la vingtaine de bénévoles de la maison diocésaine qui se sont portés volontaires pour encadrer, le temps de quelques heures, cette journée particulière, notamment pour l’accueil du matin et le déjeuner. « Nous avons été très touchés par cet élan de solidarité qui s’est immédiatement constitué à la maison diocésaine, lorsque nous avons demandé si quelques volontaires pouvaient venir nous aider, confie Isabelle Dieudonné. Sans eux, nous n’aurions pas pu mener à bien ce projet que nous portions depuis plusieurs mois... » Dans les salles attenantes, des ateliers préparés par les bénévoles du vicariat, expertes en catéchèse adaptée, réunissent les jeunes autour de Laudato Si’. Une salle de repos ainsi qu’un espace de jardin ont été prévus, afin de permettre aux élèves d’évoluer à leur rythme. Après le temps du déjeuner, un grand banquet dans la nef, partagé avec Mgr Michel Gueguen, vicaire général du diocèse de Paris, les jeunes poursuivent la journée par un concert de louanges et un temps de prière animé par le P. Étienne Grenet. Les jeunes ont pu aussi prier pour leurs encadrants présents ce jour-là.
Morgane Afif
Holy Games : l’esprit des jeux paralympiques de 2024
Découvrez le projet « Holy Games », dédié à l’accompagnement et à la mobilisation autour des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
Les personnes handicapées, un « trésor évangélique »
Le 3 décembre, Journée internationale des personnes handicapées, tombe cette année un dimanche. L’occasion de vivre cet événement d’une manière renouvelée dans les églises de Paris. Entretien avec le P. Jean Rencki, curé de Ste-Colette des Buttes-Chaumont, paroisse dans laquelle les personnes en situation de handicap occupent une place particulière.
Le P. Jean Rencki, curé de Ste-Colette des Buttes- Chaumont (19e).
Paris Notre-Dame – Comment vivez-vous au quotidien l’accueil des personnes handicapées dans votre paroisse ?
P. Jean Rencki – Dès ses premières années, la paroisse Ste-Colette des Buttes-Chaumont (19e), érigée en 1994, a mis les fidèles en situation de handicap au cœur de sa communauté paroissiale. Aujourd’hui encore, sur les quatre-vingts pratiquants réguliers, une quinzaine est en fauteuil roulant – venus de la maison d’accueil spécialisée voisine Saint-Jean de Malte – et une dizaine est en déficience visuelle – de l’association Valentin Haüy. Jusqu’à vingt-cinq personnes handicapées occupent les premiers rangs de l’église, soit près d’un tiers de l’assemblée ! Et lorsqu’elles ne sont pas là, les paroissiens s’inquiètent, ce qui me fait prendre conscience de la place importante qu’elles occupent au sein de notre communauté. Un groupe de bénévoles s’est d’ailleurs constitué pour aller les chercher avant la messe et les raccompagner après la célébration, et ceci même en semaine. Nous avons la chance de compter une paroissienne en mesure de faire les lectures en braille et notre diacre permanent, Pierre Fournier, en fauteuil roulant, proclame l’Évangile et prêche régulièrement. Cela rend la présence des fidèles en situation de handicap d’autant plus visible et active.
P. N.-D. – Quels en sont les fruits pour votre communauté ?
J. R. – Nous pensons souvent être à leur service mais ce sont eux qui nous évangélisent. L’accès au Royaume se fera à l’école des plus fragiles, des plus petits, des plus doux. Il nous est très facile de tomber dans l’orgueil et de nous dire en nous-mêmes combien nous sommes formidables à nous mettre ainsi au service de nos frères… alors que nous ne sommes que de simples serviteurs. Nous ne faisons que redonner ce que nous avons reçu du Seigneur. Les personnes en situation de handicap nous aident aussi à prendre conscience et à nous rappeler que nous avons, nous aussi, besoin d’être aidés et rejoints par le Christ. L’idée que l’on ne dépend de personne peut vite nous rattraper ! Nous aussi avons besoin de la puissance du Sauveur et ce sont les personnes handicapées qui nous le rappellent. Elles m’aident, au quotidien, à me convertir. Comme quand Gilbert, un paroissien handicapé moteur qui souffre également de difficultés d’élocution, m’envoie, chaque jour, un sms pour être sûr que j’ai bien prié ! Je dis souvent des personnes en situation de handicap qu’elles sont notre « trésor évangélique ». En les servant, c’est le Christ que l’on sert.
P. N.-D. – Dans le texte de la prière universelle proposée pour le 3 décembre, qui est aussi le premier dimanche de l’Avent, l’Église invite les fidèles à être « des veilleurs, attentifs à chacun ». Comment vivre cette vigilance envers les plus fragiles ?
J. R. – C’est le mot-clé de ce début de l’Avent : l’appel à la vigilance non seulement dans l’attente de la naissance du Christ mais aussi une vigilance fraternelle vis-à-vis du prochain. Plus j’attends la venue du Seigneur, plus je suis à l’écoute des besoins de mes frères. Je ne peux qu’inviter les catholiques à passer du temps avec les personnes en situation de handicap pour progresser avec elles sur le chemin de la sainteté. Et ceci est vrai pour toutes les formes de pauvreté et de service, la vigilance envers eux est d’autant plus intense. Les personnes handicapées qui dépendent entièrement des autres sont un beau témoignage auquel nous sommes invités à être attentifs. Elles sont non seulement notre trésor évangélique mais aussi notre lumière, par la force de leur témoignage.
Propos recueillis par Mathilde Rambaud
Messe d’ouverture de la Route extra-ordinaire, à l’occasion des Jeux paralympiques
Le mercredi 28 août 2024, une messe a été célébrée à l'église de La Madeleine (8e). Tous étaient invités : personnes avec ou sans handicap, familles, amis, accompagnateurs, professionnels.
Pendant toute la durée des jeux paralympiques, du 29 aout au 7 septembre, dans le cadre de Holygames, les paroisses et les associations se sont unies pour proposer à travers toute l’Ile de France et à proximité des épreuves paralympiques des journées de sensibilisation au handicap, des « fan zones » accueillantes et même des billets pour les épreuves ! : c’est la route extra ordinaire.
Une invitation a été lancée mais la célébration était ouverte à tous : la messe organisée par le Vicariat des Personnes Handicapées, a réuni des personnes en situation de handicap, leurs familles et leurs proches, des membres des associations concernées par le handicap, des paroissiens de la Madeleine qui ont généreusement aider à accueillir les personnes en situation de handicap, notamment pour monter les 17 marches de l’église !
Présidée par monseigneur Marsset, une quinzaine de prêtres ont répondu à l’appel. La messe a été adapté pour tous les handicaps : traduction LSF, audio description, lecture en braille, place pour les fauteuils, boucle magnétique. L’animation de la messe a été confiée à Rosa Borges, aveugle, soutenue par l’organiste de chœur et les chorales du Kinnor (personnes autistes, valides et invalides) et de Voir Ensemble (aveugles).
Un apéritif festif servi par le foyer de la Madeleine a conclu la matinée sur le parvis.
Merci à vous tous !
Pour les Jeux paralympiques, la flamme missionnaire ne s’éteint pas
Paris accueille, pour la première fois, les Jeux paralympiques du 28 août au 8 septembre. À cette occasion, l’Église de Paris prend part à la fête en la rendant accessible aux plus fragiles et notamment les personnes en situation de handicap.
Par Marie-Charlotte Noulens
Plusieurs associations spécialisées dans le handicap ont participé à la messe d’ouverture de la route extra-ordinaire Holy Games.
Ce 28 août, en remontant la nef de l’église Ste-Madeleine (8e), Marie-France ne cache pas sa joie ni sa fierté. Avec assurance, elle porte haut les couleurs des Guides de France lors de la procession d’entrée de la messe d’ouverture de la route extra-ordinaire, dédiée aux personnes en situation de handicap. La jeune femme est porteuse d’une trisomie 21. Elle fait partie des associations accompagnant tous types de handicap invitées par Holy Games à la célébration. Un temps de communion et de prière à l’occasion du début des Jeux paralympiques organisé par Holy Games et le vicariat pour les Personnes handicapées du diocèse de Paris.
« Les athlètes ont des ressources physiques, mentales et spirituelles. Confions au Seigneur tous les athlètes, leurs familles, leurs entraîneurs et ceux qui n’ont pas pu venir. » La prière de Mgr Philippe Marsset, évêque auxiliaire du diocèse de Paris et initiateur du projet Holy Games, résonne avec douceur dans l’église. Dans l’assemblée, plusieurs centaines de personnes l’écoutent avec recueillement. À y regarder de plus près, certains fidèles dénotent par leur allure : assis par terre ou allongés sur les dalles fraîches de Ste-Madeleine. Lovés aux pieds de leur maître, ce sont des chiens guides pour personnes malvoyantes. Tout dans la célébration est adapté aux handicaps physiques, cognitifs et psychiques. Une jeune femme traduit la messe en direct en langue des signes tandis qu’une autre tient les mains d’une dame âgée malentendante et malvoyante dans une danse des signes au plus près de la traduction. « Par le biais d’un appareillage relié à mon micro, je décris aux malvoyants la messe, l’ambiance, les détails », explique une bénévole de l’association Voir Ensemble. La voix de Rosa guide la prière de l’assemblée. Cette musicienne et soliste est atteinte d’une cécité totale : « J’ai reçu l’animation de cette messe comme un appel et je me sens chanceuse d’être là. » Avec ferveur, elle ajoute : « Les athlètes, on croit en vous ! On vous a envoyé le Souffle ce matin ! » En même temps que l’ouverture des Jeux paralympiques, cette messe pleine de joie marque le lancement de douze jours de fête inclusive autour du sport et de la foi.
Sport, foi et inclusion
Durant toute la durée des Jeux paralympiques, l’Église se mobilise pour mettre la fraternité au cœur de cet événement historique avec diverses associations, comme l’Ordre de Malte, l’Arche, l’Abiif, Voir Ensemble, Fondation Saint-Jean de Dieu, SensYcap 78, OCH, Simon de Cyrène, les Hospitalités des diocèses de Meaux, Versailles, Nanterre, et le vicariat des Personnes handicapées du diocèse de Paris. « Chaque événement doit être célébré pour lui-même, confie Mgr Marsset. Nous n’avons absolument aucun pouvoir sur le Comité Olympique ou les organisations internationales, mais nous aurions souhaité que la flamme olympique ne s’éteigne pas entre les JO et les JOP et, ce qui est malheureusement impossible, que les médailles soient additionnées par pays pour ne pas avoir un classement différent. Nous sommes tous des êtres humains capables de nous dépasser, que l’on soit valide ou invalide. Le message de l’Église serait : méfiez-vous des apparences. L’apparence, c’est le corps désarticulé, la réalité, c’est la prouesse, l’exploit. Méfiez-vous de ceux qui n’apparaissent pas dans les premiers rangs : ceux qui sont les plus fragiles sont les plus forts », ajoute-t-il. Un message qui se reflète dans l’initiative de la route extra-ordinaire. Durant dix jours, du 29 août au 7 septembre, les associations, en lien avec une paroisse répartie dans dix lieux différents, vont faire découvrir à des personnes en situation de handicap le para badminton, le para tennis de table, le cécifoot, la para équitation, l’escrime fauteuil, le para tennis, le para canoë, le basket fauteuil, le para tir à l’arc et le para cyclisme. « Nous sommes là en support, explique Olivier Calon, l’un des coordinateurs de Holy Games. Les associations sont libres d’organiser une initiation sportive ou d’assister à des épreuves, voire les deux ! » Chaque journée est ponctuée de témoignages et d’une messe.
Les bras ouverts, assise dans son fauteuil électrique, Emeline ne contient pas sa joie : « C’était vraiment super de pouvoir assister aux épreuves de para badminton ! » Résidente dans une maison spécialisée de l’Ordre de Malte, la jeune femme participe au premier jour de la route extra-ordinaire dédiée à ce sport de raquette. Dans l’église de St-Denis-de-La-Chapelle (18e), à deux pas du stade où ont lieu les épreuves, elle partage, avec une dizaine de personnes en situation de handicap moteur ou mental, son expérience sportive : « Je fais du sport adapté dans la résidence, comme de la sarbacane et de la natation. » « Moi j’aime le vélo en forêt ! », renchérit Samuel, diagnostiqué autiste. Tous les deux font partie des 630 personnes à pouvoir assister à des compétitions grâce au soutien de l’Église à Paris. Pour Sophie, 18 ans, présentant un handicap mental, le plus important est d’être initiée au cécifoot, à St-Pierre du Gros-Caillou (7e) : « J’aime beaucoup le sport ! Je pratique déjà l’équitation, la natation, le tennis de table… C’est important pour moi. » Avec bienveillance, elle lance : « Vive les para-lympiques ! » Sport et foi se rencontrent l’espace d’un instant. Mais, à la différence de la flamme olympique, « dans nos obscurités, le Seigneur a allumé un feu qui ne s’éteint jamais », conclut Mgr Marsset.
Retour sur les jeux paralympiques 2024
Dans la lancée des jeux paralympiques, nous vous proposons 2 articles pour revenir sur ces jeux et réfléchir sur la place des personnes handicapées dans notre société.
Intervention sur les aidants à la conférence des évêques de France
Lors d'une rencontre de responsables diocésains organisée par la Conférence des Évêques de France, Olivier Calon est intervenu pour évoquer la réalité de la vie des aidants.