Charte Hiver solidaire
La charte Hiver solidaire fixe les principes et fondements du dispositif.
« N’aimons pas en paroles ni par des discours mais par des actes et en vérité » (1Jn 3, 18)
« J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35)
« A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35)
1. Hiver solidaire, mis en place à l’initiative de l’évêque ou avec son accord plein et entier, s’inscrit dans la pastorale diocésaine de la solidarité. Le diocèse apporte son support à l’opération dans les relations avec les partenaires institutionnels privés ou publics, pour les formations et dans l’animation inter paroissiale.
2. Hiver solidaire est porté par une communauté paroissiale. C’est un projet paroissial qui concerne tous les paroissiens et pas seulement une équipe de spécialistes de la solidarité ou de la charité. C’est la communauté paroissiale tout entière conduite par son curé qui est appelée à se mobiliser suite à un discernement mené dans la prière.
3. Hiver solidaire c’est l’accueil dans les locaux paroissiaux, de plusieurs personnes, majeurs, de la rue, tous les soirs et toutes les nuits, pendant les mois d’hiver. Un accueil "comme en famille", pour leur offrir, outre un abri, la possibilité de reprendre confiance en elles-mêmes, de reconquérir sentiment de dignité et estime de soi, de s’ouvrir à un avenir et d’avancer sur un chemin de sortie de rue, grâce aux relations fraternelles établies dans la durée avec les bénévoles investis dans cette opération.
4. Les personnes accueillies ne sont pas choisies en fonction de leur origine, de leur nationalité ou de leur religion mais parce que cet espace-temps de tranquillité et d’accueil fraternel est une étape possible sur leur chemin personnel de reconstruction intérieure et de réinsertion. Hiver solidaire n’est pas un hébergement d’urgence, les personnes accueillies sont les mêmes pendant tout l’hiver. Pour la sécurité et le bien-être de tous les personnes accueillies acceptent les règles de vie prévues par la paroisse : vie collective, respect des horaires, pas d’alcool, pas de drogue, pas de violence, prise des repas en commun, participation aux tâches ménagères, respect de l’hygiène.
5. Le champ d’action des bénévoles est celui de la fraternité et du partage et il est ouvert à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté qui se relaient chaque soir pour préparer le dîner, partager le repas, passer la nuit et prendre le petit déjeuner avec les personnes accueillies. Aucune compétence n’est requise, l’important est d’avoir envie de rencontrer l’autre avec bienveillance, tel qu’il est, sans a priori et sans désir de le « sauver ». La participation se fait à la carte. On peut venir une seule fois dans l’hiver, une fois par mois ou une fois par semaine, pour préparer les repas et/ou les partager, passer la soirée ou passer la nuit, assurer des tâches logistique (ménage, courses, tenue du planning). Les bénévoles s’engagent à respecter les mêmes règles de vie concernant l’hygiène et la sécurité ainsi que le respect de l’intimité et de la vie privée des personnes accueillies. Des formations à l’accompagnement et à l’écoute ainsi que des séances de relecture doivent être proposées par la paroisse ou le diocèse.
6. En complémentarité de l’action des bénévoles il est nécessaire de collaborer avec des travailleurs sociaux pour répondre à des besoins de régularisation administrative, pour aider à l’ouverture de droits dans les domaines de la santé, du travail ou du logement, et pour favoriser une continuité d’hébergement et de suivi social à la sortie de l’hiver.
7. Personnes accueillies et bénévoles apprennent mutuellement à transformer leur regard. Les bénévoles découvrent que les personnes à la rue sont des personnes comme les autres, avec un parcours de vie difficile et une histoire compliquée mais aussi avec des connaissances et des talents. Les personnes accueillies découvrent qu’on peut s’intéresser à elles pour ce qu’elles sont, sans être réduites à la situation où elles se trouvent. Tous sont ainsi invités à avancer ensemble avec humilité pour affronter ces situations objectives de misère qui écrasent les uns et devant lesquelles les autres se sentent impuissants.
8. La fraternité qui se vit dans la paroisse à cette occasion contribue à humaniser le quartier en y incarnant l’amour du Christ. Chaque hiver personnes accueillies et bénévoles expérimentent la joie de vivre une fraternité où chacun se sent accueilli et respecté pour ce qu’il est, sans être réduit à sa situation ou à son état de vie. Une amitié finit par se créer entre des paroissiens qui se connaissaient de loin, entre des personnes engagées dans l’Eglise et d’autres moins ou pas du tout, entre jeunes et moins jeunes, le visage de la paroisse est transformé, bien au-delà de l’hiver !