MOZART ET HAENDEL, DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE PAR L’ENSEMBLE JUBILATE DE VERSAILLES
La Grande Messe en ut mineur de Mozart, l’une des plus belles pages de la musique sacrée, associée à Zadok the Priest de Haendel, un chant de célébration de couronnement britannique.
Église Saint-Roch 296 Rue Saint Honoré, 75001 Paris 75001 Paris
Mozart et Haendel, de l’ombre à la lumière
2024, année Mozart pour l’Ensemble Jubilate de Versailles qui interprète l’une des plus belles pages de la musique sacrée : la Grande Messe en ut composée en 1783, avec toute la puissance de la création religieuse en remerciement à la survie à une maladie grave de son amour Constance.
Plus de 5 décennies auparavant, Haendel compose Zadok the Priest, un chant de célébration au couronnement du roi George II de Grande-Bretagne en 1727. Deux périodes, deux compositeurs qui décident différemment d’exprimer leur sensibilité et leur génie.
La Grande Messe en ut mineur, K427
Lorsque W.A. Mozart dirigera ce chef d’œuvre resté inachevé, ce n’est pas pour honorer une commande mais bien le témoignage de la reconnaissance du compositeur qui voit son vœu exaucé. Sa chère Constance est malade. Mais Mozart a foi en l’avenir et dès qu’elle guérit, il l’épouse et rend gloire au Seigneur. La lumière illumine de nouveau sa vie et ses créations musicales. Serti de superbes clairs obscurs, l’ouvrage témoigne de sa découverte de Bach et de Haendel, mais aussi du génie lyrique qui a tant nourri ses opéras. La Grande Messe en ut témoigne de son amour de la vie, de l’angoisse face à la mort et utilise tous les moyens d’expression dans une totale liberté.
L’œuvre est vivante, puissante et éclatante, à la Mozart !
Zadok the Priest HWV 258
La personnalité de G.F. Haendel a jeté une grande ombre sur la musique londonienne dans la première moitié du XVIIIe siècle, condamnant nombre de ses contemporains - d’excellents compositeurs eux- mêmes - à de longues années d’obscurité. Haendel compose quelques joyaux d’opéra éblouissants avant le dernier épisode de sa vie, celui de l’apaisement et de la consécration. Haendel délaisse alors l’univers du théâtre lyrique pour un nouveau genre musical : l’oratorio. C’est à cette époque que Haendel est choisi par le nouveau roi d’Angleterre pour composer cette marche solennelle de couronnement interprétée à sa création par un ensemble de près de deux cents musiciens.
Mozart ou Haendel, tendez l’oreille !
Quels chemins parcourir entre l’abbaye de Westminster où Haendel brossa un splendide décor sonore pour le couronnement de George II et l’abbaye bénédictine de Saint-Pierre à Salzbourg où Mozart donna à découvrir sa promesse de cœur dans une Messe toute personnelle ? Quels liens se sont tissés entre les œuvres sacrées de Haendel et celles de Mozart ?
Lorsque Mozart s’installe à Vienne, il est proche du baron van Swieten, mélomane qui s’intéresse aux compositeurs considérés alors comme anciens : Bach et Haendel. A la demande du mécène, Mozart remet dans la lumière des transcriptions d’œuvres de ces deux auteurs, notamment celle du Messie dont il enrichit l’orchestration de parties d’instruments à vent.
Selon les oreilles averties, sa filiation avec Haendel se retrouve également dans le thème du Kyrie de son Requiem qui provient de l’air « And with His stripes we are healed » du Messie. Et il n’est pas étonnant que le début du Gloria de la Messe en ut ait comme un air de l’Alleluia du Messie. En cette année où l’Ensemble Jubilate de Versailles les programme ensemble, il était bon de mettre en lumière un épisode relativement méconnu du parcours artistique de Mozart.
Deux concerts sont programmés pour se plonger dans l’univers de deux des plus grands compositeurs de l’histoire de la musique : le 19 mars 2024 en l’église Sainte-Jeanne d’Arc de Versailles et le 21 mars en l’église Saint-Roch de Paris.
https://www.billetweb.fr/2103-concert-mozart-haendel
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