Commémoration des 80 ans de la conférence de Wansee
Les mercredi 19 et jeudi 20 janvier 2022, deux événements ont eu lieu dans le cadre de l’année de commémoration des 80 ans de la conférence de Wansee.
Le 20 janvier 1942, à Wannsee, dans la banlieue de Berlin, une conférence a réuni quinze hauts responsables du Parti nazi pour mettre au point l’organisation de la "solution finale" à la question juive.
Le SNRJ, le Consistoire Central de France, l’AJCF, le Mémorial de la Shoah et les Bernardins marqueront cet événement en organisant de nombreuses manifestations tout au long de cette année.
- Le 19 janvier, intervention de Florent Brayard, historien, à la maison des évêques.
- Le 20 janvier, cérémonie célébrée à la mémoire des victimes de la Solution Finale, au Mémorial de la Shoah.
20 janvier, cérémonie célébrée à la mémoire des victimes de la Solution Finale
Cette démarche est conjointement portée par la Conférence des évêques de France, le Consistoire Central – et donc le Grand Rabbinat de France – le Mémorial de la Shoah, les Bernardins et l’Amitié Judéo-chrétienne de France. La cérémonie s’est déroulée à la crypte du Mémorial en présence de deux classes de lycéens. L’occasion de les faire participer à cet événement et de leur faire découvrir le site et ses expositions permanentes.
Se sont exprimés Mgr Éric de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des évêques de France, le Grand Rabbin de France, Monsieur Haïm Korsia, le Président du Consistoire Central, Monsieur Élie Korchia, le Président de la Fédération protestante de France, Monsieur François Clavairoly et le Président de l’AJCF, Monsieur Jean-Dominique Durand.
Une survivante de la Shoah, Madame Esther Senot, a apporté ensuite son témoignage.
Mgr Eric de Moulins-Beaufort s’est adressé aux jeunes lycéens présents à cette cérémonie :
« La partie de l’humanité qu’il s’agissait de détruire était le peuple juif, le peuple de l’Alliance. Le détruire était détruire tout ce qui rappelle aux êtres humains qu’ils ne sont pas à la merci les uns des autres, qu’ils ne sont pas interchangeables, que chacun a une dignité infinie qui s’impose à tous les autres.(...) Nous avons le devoir de nous souvenir, nous Chrétiens. Il nous faut apprendre à guérir de tout antisémitisme.(...) Dieu se souvient, Il n’oublie pas, non pour détruire et condamner mais pour sauver chacune et chacun, d’abord les humiliés et porter à la plénitude ce qui doit l’être. Dieu, le Dieu vivant, compte sur nous tous pour que nous sauvions la fraternité en reconnaissant la dignité singulière du peuple qui descend d’Abraham.
Nous voulons vous confier la mission de conserver la mémoire du passé avec l’espérance que Dieu fait toujours sortir des artisans de vérité et de paix, des gardiens de la dignité de chaque être humain. Soyez les coopérateurs de Dieu, ensemble. »
Elie Korchia, Président du Consistoire Central de France, nous demande de rester vigilants aux signes qui nous entourent :
« Nous nous souvenons ensemble pour agir ensemble. Nous devons créer des communs possible.(...) Ce 20 janvier 1942, c’était une brèche du mal qui entrait dans l’Histoire de la seconde guerre mondiale. (...) Faisons attention aujourd’hui, à chaque mot, à chaque phrase, à chaque déclaration (...) Notre rôle est de faire attention à ce que nous n’acceptions jamais la moindre brèche. »
Francois Clavairoly, Président de la Fédération protestante de France, a évoqué l’importance de « la mémoire et l’héroïsme, l’amitié et la vigilance, la promesse et l’engagement ». « La responsabilité des jeunes est redoublée dans un temps où toutes ces menaces existent, cette réalité du mal demeure. » a-t-il déclaré.
« Ne soyez pas ceux qui causent du tort car se taire c’est reprendre d’une certaine façon une complicité par le silence, a affirmé Haim Korsia, Grand Rabbin de France. Nous sommes toujours coupables rétroactivement de ce que nous avons laissé faire. (...) Il y a pire que les âmes perverses, il y a les âmes habituées (Charles Péguy),
Lorsque nous massifions les individus, ne sommes-nous pas en train de nous asseoir à la table de la conférence de Wannsee ? »
Jean-Dominique Durand, Président de l’Amitié-Judéo Chrétienne de France, a déclaré que « se souvenir ensemble, Juifs et Chrétiens, c’est affirmer que les Juifs ne doivent plus jamais être laissés seuls face à la haine. L’AJCF a été fondée pour comprendre ce qui s’est passé et construire une amitié inébranlable. Cette amitié doit être le rempart contre la propagande du virus de l’antisémitisme qui ne cesse jamais de se propager et de se renouveler. »
Esther Senot, rescapée d’Auchwitz, a allumé et transmis aux jeunes lycéens deux votives déposées sur la Magen David, faisant mémoire des 6 millions de juifs victimes de la Shoah et signe fort de ce que cette célébration tend à exprimer.
Revoir la célébration