Réaction de Mgr Laurent Ulrich à l’annulation d’un convoi humanitaire au sud du Liban
Lundi 6 avril 2026
J’ai pris connaissance avec une grande tristesse de l’annulation de cette mission humanitaire au Sud-Liban.
Comme archevêque de Paris, j’adresse aux communautés concernées, particulièrement celles du Patriarcat maronite, aux fidèles des Églises orientales résidant en France qui me sont confiés, aux catholiques arméniens et ukrainiens, ainsi qu’aux membres de l’Œuvre d’Orient et des autres associations fidèlement engagés à leurs côtés, l’assurance de ma sollicitude et de ma communion dans l’épreuve.
Je forme le vœu que les populations civiles, en particulier les plus vulnérables, puissent recevoir sans entrave l’aide humanitaire et la protection auxquelles elles ont droit.
Je souhaite également inviter les catholiques de Paris à s’unir en communion de prière à la veillée que le Saint-Père présidera à Rome le 11 avril prochain. Les paroisses de Paris et moi-même aurons à cœur de prier à cette intention au cours des messes du dimanche de la Divine Miséricorde, les 11 et 12 avril. La prière pour la paix n’est jamais vaine : elle nous unit, elle soutient ceux qui souffrent, et elle dispose les cœurs à accueillir les chemins de réconciliation que Dieu ne cesse d’ouvrir.
Mgr Laurent Ulrich,
archevêque de Paris
Patriarcat maronite d’Antioche et de tout l’Orient
Bkerki - LibanCommuniqué sur l’annulation de la visite au Sud
Depuis le patriarcat maronite, Caritas-Liban et l’Œuvre d’Orient expriment leur plus vive déception suite à l’annonce hier soir de l’annulation du convoi humanitaire qui devait se rendre aujourd’hui dans le village de Debel au Sud Liban. Ce déplacement humanitaire et pastoral le jour de Pâques, prévu et organisé conjointement depuis plusieurs jours avec le nonce apostolique du Liban, le contingent français de la FINUL, plusieurs organisations catholiques comme Caritas-Liban et l’Œuvre d’Orient, ainsi qu’une délégation de Bkerké.
Il devait permettre l’approvisionnement de plus de 40 tonnes de médicaments et de denrées de première nécessité aux habitants de cette région qui sont coupés du reste du pays, privés de ressource et menacés de disparaître par les combats en cours et les ordres d’évacuation répétés de l’armée israélienne.
Ce déplacement devait se faire en présence du président de Caritas-Liban, le père Samir Ghaoui, et du directeur général de l’Œuvre d’Orient, Mgr Hugues de Woillemont, venu au Liban pour représenter l’Église de France aux côtés des Libanais.
L’Œuvre d’Orient et Caritas-Liban rappellent que l’annulation d’un convoi humanitaire, même pour des raisons sécuritaires, constitue une violation du droit international humanitaire, en particulier quand ce convoi vise à aider des populations civiles vulnérables bloquées dans leur village. Elle constitue aussi une atteinte aux habitants qui demeurent au Sud Liban, qui ne sont pas armés, et qui sont pris en tenaille par une guerre entre Hezbollah et Israël qui met en danger leur existence et qui les menace chaque jour de déplacement forcé. Enfin, elle constitue un message douloureux envoyé aux chrétiens du Sud Liban, qui se retrouvent empêchés de célébrer Pâques avec une délégation sous l’égide du Vatican.
Depuis Bkerke, Caritas-Liban et l’Œuvre d’Orient renouvellent leur attachement et leur admiration pour le courage et le témoignage de paix que donnent les habitants restés au Sud Liban, où six convois humanitaires ont pu être organisés depuis le début de la guerre.
Béchara Boutros Card. Raï
Patriarche d’Antioche et de tout l’OrientSource : Œuvre d’Orient.