Le Père Caffarel : un pionnier de la spiritualité conjugale

Paris Notre-Dame du 2 décembre 2010

Le 23 mars 2026, le pape Léon XIV a autorisé par décret la reconnaissance des vertus héroïques du Père Henri Caffarel, le déclarant ainsi vénérable pour l’Église. « Ce prêtre du diocèse de Paris était en effet avant tout un homme de Dieu, un homme de prière habité. » Retour sur un entretien accordé par le P. Paul-Dominique Marcovits, o.p., vice-postulateur de la Cause de Canonisation du fondateur des Équipes Notre-Dame.

Quatorze ans après sa mort et quatre ans après l’ouverture de son procès de béatification, le P. Caffarel (1903-1996) fait l’objet d’un colloque au Collège des Bernardins. Initié par l’association des Amis du Père Caffarel les vendredi 3 et samedi 4 décembre [2010], il s’organisera autour de conférences données par des spécialistes du fondateur des Équipes Notre-Dame (END). Rencontre avec le P. Paul-Dominique Marcovits (o.p.), vice-postulateur de sa cause de canonisation.

© Association des amis du père Caffarel

Paris Notre-Dame : Pourquoi organiser un colloque autour du P. Caffarel ?

P. Paul-Dominique Marcovits – Il s’agit là d’une première. Si le P. Caffarel a fait l’objet d’un livre très bien fait de Jean Allemand : Henri Caffarel. Un homme saisi par Dieu (1997), nous n’avions encore jamais organisé de colloque autour de sa personnalité et de son œuvre. Or nous souhaitons montrer de façon sérieuse qui était cet homme et comment sa personne a marqué le XXe siècle. Il mérite que des hommes de sciences – historiens, théologiens, hommes d’Église – présentent ce qu’ils connaissent de lui et de son œuvre.

Paris Notre-Dame : À qui s’adresse ce colloque ?

P.-D. M. – Nous avons pour l’instant plus de cent soixante-dix personnes inscrites. Il s’agit bien entendu de membres des Équipes Notre-Dame ou de l’association des Amis du P. Caffarel, mais aussi de personnes qui l’ont connu ou d’étudiants travaillant sur sa pensée, ou encore de séminaristes.

Paris Notre-Dame : Comment caractériser la pensée du P. Caffarel ?

P.-D. M. – La prière et le mariage sont deux thèmes essentiels qui caractérisent la personne et l’œuvre du P. Caffarel. Ce prêtre du diocèse de Paris était en effet avant tout un homme de Dieu, un homme de prière habité. Les personnes qui venaient l’écouter se souviennent de la demi-heure d’oraison à la fin de ses conférences ; il obtenait le silence complet d’une as- semblée de 3 000 personnes. Cela faisait impression ! Par ailleurs, c’était un homme qui savait voir les traces de Dieu dans la vie de ceux qu’il rencontrait. Il n’avait pas d’intuition particulière, pas d’idée préétablie de ce qu’il devait faire, mais il se laissait guider par Dieu pour répondre aux demandes qui lui étaient faites. C’est ainsi qu’il s’est mis à accompagner les couples qui venaient lui demander son aide et des conseils pour leur vie conjugale. A ce niveau-là, c’était un vrai prophète.

Paris Notre-Dame : De quelle façon était-il un prophète à vos yeux ?

P.-D. M. – Le cardinal Lustiger l’a défini comme « un prophète pour notre temps ». A une époque où le mariage était considéré le plus souvent comme un devoir, il a fait prendre conscience que les époux pouvaient se sanctifier par ce sacrement, qu’ils pouvaient aimer totalement Dieu en aimant vraiment leur conjoint. En fondant les équipes Notre-Dame, il a accompagné les couples dans leur quête de Dieu et leur recherche de sainteté. Il les a aidés à prendre acte de leur vocation propre, ce qui était tout à fait novateur dans les années quarante, lorsqu’il a commencé. Par ailleurs, dans la dernière partie de sa vie, il a accompagné beaucoup de retraitants venus dans la maison de Troussures, dans l’Oise, où il s’était installé. Il organisait des « Semaines de prière », qui voyaient affluer un grand nombre de personnes, dans tous les états de vie.

Paris Notre-Dame : Quelle est sa postérité aujourd’hui ?

P.-D. M. – Si les retraites à Troussures ont pris fin, les Équipes Notre- Dame continuent à se développer. Elles comptent aujourd’hui 110000 membres dans soixante-dix pays du monde, dont 23 000 en France et 30 000 au Brésil. En France, 40% des équipiers ont moins de 43 ans. Par ailleurs, chaque diocèse en France a un CPM, centre de préparation au mariage. Ces centres ont été fondés sous l’inspiration du P. Caffarel. Il est aussi à l’origine de deux mouvements de veuves : « La Fraternité Notre-Dame de la Résurrection » et « Espérance et Vie ».

• Propos recueillis par Ariane Rollier.

En savoir plus : Association des Amis du Père Caffarel

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