Rencontre du pape Léon XIV avec les membres de l’Assemblée synodale provinciale

Le samedi 26 septembre 2026, à l’Institut catholique de Paris, le pape Léon XIV a rencontré les membres de l’Assemblée synodale provinciale dont des catéchumènes et des néophytes. Il s’est recueilli devant plusieurs figures de saints ou bienheureux, dans l’ancien couvent des Carmes.

Rencontre du pape Léon XIV avec les membres de l’Assemblée synodale provinciale
© Dylan Guidez / Diocèse de Paris

– Lire le Discours de Mgr Laurent Ulrich lors de la Rencontre avec les Membres de l’Assemblée synodale provinciale, les catéchumènes et les néophytes.

Discours du Pape Léon XIV lors de la rencontre avec les membres de l’Assemblée synodale provinciale, les catéchumènes et les néophytes

Excellence,
chers prêtres et personnes consacrées,
chers membres de l’Assemblée synodale,
chers catéchumènes et néophytes, frères et sœurs,

je suis heureux de vous rencontrer et de pouvoir m’attarder, dans le cadre de ce Voyage Apostolique, sur le chemin que vous parcourez en Assemblée Ecclésiale Provinciale.

Je remercie Son Excellence Monseigneur Laurent Ulrich, Archevêque de Paris, qui a rappelé l’importance historique et spirituelle du lieu où nous nous trouvons, en évoquant également Frère Laurent de la Résurrection qui a profondément marqué mon parcours de foi par sa mystique du quotidien. Mais surtout, j’exprime ma gratitude pour l’Instrumentum Laboris que vous m’avez remis, expression d’un cheminement ecclésial auquel le Peuple de Dieu a été associé, dans un esprit d’écoute réciproque et de synodalité.

L’Institut Catholique de Paris nous accueille aujourd’hui, une institution située au carrefour de la science et de la foi qui, depuis des siècles, contribue à former les esprits et les cœurs au service de l’Évangile. Je salue les enseignants, les étudiants et le personnel de cette université, ainsi que tous les membres de l’Assemblée synodale de la Province ecclésiastique de Paris, engagés à réfléchir aux perspectives pastorales pour accueillir les néophytes et les catéchumènes, ainsi que pour la vie de l’Église.

En observant de près le travail que vous accomplissez, mais surtout en écoutant les témoignages émouvants de Josué, de Marielle et de Sophie, je ressens avant tout une grande gratitude pour l’œuvre imprévisible de Dieu. Comme vous et avec vous, je suis émerveillé par le nombre de personnes qui se présentent aujourd’hui sur le seuil de la foi, et par les nombreux adultes qui demandent les sacrements de l’initiation chrétienne.

Il peut sembler paradoxal que ce phénomène de tant de personnes redécouvrant l’Évangile et embrassant la foi, se situe dans le contexte d’une société comme la société française, marquée par une culture fortement sécularisée. Votre expérience et votre témoignage, chers catéchumènes et néophytes, sont le signe tangible de l’œuvre de la grâce de Dieu, qui dépasse les analyses chiffrées et sociologiques. Ce phénomène qui vient contredire toute attitude défaitiste – ce que le Pape François appelait le “pessimisme stérile” (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, nn. 84-86) –, doit être accueilli dans un esprit de responsabilité.

Nous sommes en effet appelés à nous tourner vers nos frères et sœurs, en redécouvrant le style propre à Dieu, fait de proximité, de compassion et de tendresse. Avec une tendresse pastorale et une charité fraternelle, nous devons reconnaître, accueillir et préserver la petite flamme que le Saint-Esprit a allumée dans l’obscurité de la nuit, la petite graine qui aspire à grandir même au milieu des épines et des ronces.

L’étonnement devant ce qui arrive à tant de nos frères et sœurs ne doit pas nous enfermer dans une béatitude naïve. Au contraire, nous devons nous engager à rechercher, à nous poser des questions et à entreprendre des actions pastorales concrètes. Tel est l’esprit qui anime votre Assemblée synodale et, plus généralement, le cheminement de l’Église en France : émerveillés par l’œuvre imprévisible de Dieu, que devons-nous faire, et où donc le Saint-Esprit nous pousse-t-Il pour accompagner les catéchumènes, les néophytes, les “recommençants” ?

Tout d’abord, j’aimerais rappeler une expression utilisée par l’Épiscopat français, il y a déjà de longues années, qui exhortait à imaginer et à incarner une Église “en état d’initiation” prenant soin des catéchumènes, des néophytes et de ceux qui recommencent leur cheminement ; en leur offrant, sur le temps, un solide soutien. L’initiation chrétienne – dans son ensemble – a été au cœur de la sollicitude des pasteurs dès les années qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale. Les demandes étaient déjà nombreuses, et l’agitation théologique et liturgique de ces années-là contribua largement au renouveau des parcours de catéchuménat qui s’opéra ensuite pendant le Concile Vatican II. Même si le contexte est aujourd’hui différent, vous pouvez vous référer à cette tradition pastorale, bien ancrée, concernant l’initiation des catéchumènes. N’oublions pas non plus que cette pratique déjà en vigueur a été redynamisée à partir de 1996, année où ont vu le jour la Lettre aux catholiques de France et, parallèlement, la dernière édition française du Rituel de l’Initiation Chrétienne des Adultes.

Chers frères et sœurs, être “en état d’initiation” c’est accueillir les nouveaux chercheurs de Dieu en y découvrant une opportunité et une mission. L’opportunité est que, grâce à eux, la communauté des croyants renouvelle, elle aussi, son cheminement de foi et découvre de manière nouvelle la joie de l’Évangile. La mission, quant à elle, consiste à prendre soin d’eux et à leur servir de guides, même après qu’ils ont reçu les sacrements. Il convient d’accueillir avec joie ceux qui se présentent, partir de leur expérience spirituelle, respecter leur histoire et favoriser une annonce essentielle du kérygme, notamment à travers les formules connues dans le parcours personnel ou communautaire. N’oublions pas, cependant, que chez bon nombre de ces personnes surgit ensuite la question que nous avons entendue dans le témoignage de Marielle : comment éviter le “vide” post-baptismal ?

Il est donc essentiel d’accompagner et d’intégrer pleinement ces personnes dans nos communautés et dans nos assemblées de prière après leur baptême, en leur offrant un espace familial et une formation aussi intégrale que possible, capable d’englober les différents aspects de la vie chrétienne et de favoriser l’unification de leur foi avec leur vie. Les néophytes, en effet, ont souvent soif et besoin d’approfondir les fondements de la foi et de la prière chrétienne, d’être correctement formés d’un point de vue biblique et théologique, de découvrir toujours davantage la richesse de la doctrine ainsi que les différentes dimensions de l’agir moral chrétien lié à la profession de foi.

Enfin, ils ont également besoin d’être initiés et introduits à la vie liturgique de l’Église. Dans les témoignages, nous avons également entendu comment la célébration des rites liturgiques a été pour certains une porte d’entrée au mystère de la foi. Après avoir franchi cette porte, il faut aller plus loin et découvrir la richesse de la liturgie qui soutient toute la vie de foi. Il s’agit d’un domaine fondamental de la vie de l’Église qui requiert une attention pastorale enracinée dans les enseignements du Concile Vatican II. La liturgie, en effet, ne peut être considérée comme une réalité “postérieure” à la catéchèse, dans laquelle on mettrait en pratique ce qui a été appris au long du parcours. Au contraire, elle manifeste et actualise le mystère de la Pâque du Christ et, par conséquent, elle est l’événement capable de révéler le sens de la Bonne Nouvelle et de communiquer la vie même de Dieu. Avec ses rythmes, ses langages et ses rites, la liturgie fait partie intégrante du chemin de conversion et de préparation aux sacrements.

Pour mener à bien cette mission, le rôle des formateurs est essentiel. Comme nous l’enseigne l’antique tradition de l’Église, il s’agit de préparer des parrains et des marraines de communauté, spécialement formés pour initier les néophytes. Dans le cadre de cette formation, je recommande une connaissance approfondie du Rituel de l’Initiation Chrétienne des Adultes. Parallèlement, il est nécessaire que les agents pastoraux soient formés – non seulement sur les plans biblique, théologique, liturgique et de la vie spirituelle, mais aussi sur le plan des qualités humaines –, afin de savoir discerner et orienter ceux dont les parcours de vie sont plus complexes et moins linéaires.

Nous l’avons entendu tout à l’heure : certains arrivent avec une simple soif spirituelle, une quête de sens et une attirance pour l’Évangile ; alors que d’autres sont marqués par des expériences douloureuses, des situations de solitude et des blessures profondes. C’est là que le style de la proximité, de la compassion et de la tendresse prend tout son sens : il convient de trouver un savant équilibre pour les accueillir, les écouter et, en même temps, les encourager à relever les défis exigeants de la foi. Dans ce cheminement, il faut respecter le rythme de l’autre, en avançant progressivement, avec attention et dans un compagnonnage fraternel. Il s’agit d’adopter le style du “marcher ensemble”. Sur les sentiers de la foi chrétienne, on s’enrichit mutuellement et on grandit ensemble : prêtres et laïcs, parrains et catéchumènes, animateurs pastoraux et néophytes.

Et pourtant, cela n’est pas encore suffisant. Les nouveaux baptisés ne sont pas seulement appelés à recevoir : leur foi est un trésor qui s’offre à l’Église de France et à l’Église universelle. Je pense à ce qui arriva à l’un des catéchumènes les plus célèbres de l’histoire, saint Augustin. Il fut initié à la foi par saint Ambroise, et sa foi n’était qu’une petite graine lorsqu’il fut baptisé. Mais, cette graine a grandi et s’est multipliée, devenant un arbre si grand que, sous son feuillage, nous pouvons encore aujourd’hui trouver du réconfort.

En vous regardant, chers catéchumènes et néophytes, je ne vois pas seulement le fruit de l’Esprit qui vous a mis en chemin, mais aussi une promesse de fécondité pour l’Église en France. À votre tour, soyez des missionnaires de l’Évangile dans cette société !

Que les grands témoins de cette terre bien-aimée vous soutienne sur votre chemin. Je pense à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui nous enseigne, par sa “petite voie”, comment la confiance ouvre les portes de la grâce ; je pense à saint Martin de Tours, figure emblématique du partage et de la charité fraternelle. Avec tant d’autres saints et saintes issus de cette terre de France, ils nous rappellent que la mission se construit aujourd’hui, en préservant avant tout la présence du Seigneur dans la vie quotidienne.

En vous accueillant les uns les autres, puissiez-vous former tous ensemble le peuple vivant de l’Église en France, capable de transmettre la foi. En invoquant la protection maternelle de la Vierge Marie, Patronne principale de la France, et l’intercession de sainte Geneviève et de saint Denis, protecteurs de cette ville, je vous donne, de tout cœur, ma bénédiction.

Merci et bon chemin !

Revoir la rencontre

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Programme

Avant de rencontrer l’Assemblée ecclésiale provinciale, le pape va faire une déambulation dans la cour d’honneur de l’Institut catholique de Paris, où seront rassemblés des membres de la communauté universitaire (enseignants, personnel administratif de l’ICP et étudiants).

Ensuite, Léon XIV va se recueillir dans le jardin, au pied de l’escalier des bienheureux martyrs de 1792.

Durant la Révolution française, la communauté des Carmes est dispersée et le couvent est transformé en prison. Y sont détenues quelques figures célèbres, parmi lesquelles Joséphine de Beauharnais, future épouse de Napoléon Ier.

Le 2 septembre 1792, après un simulacre de procès, plus d’une centaine de prêtres sont massacrés en quelques heures dans le jardin. Ils sont béatifiés en 1926 et leurs reliques reposent dans la crypte de l’église Saint-Joseph-des-Carmes. L’un d’entre eux, Salomon Leclercq, Frère des Écoles chrétienne, est canonisé en 2016.

Léon XIV se recueillera au pied de l’escalier des martyrs. C’est là, qu’une partie des religieux ont été assassinés. La mention Hic ceciderunt, Ici ils tombèrent, leur rend hommage.

En savoir plus

L’Assemblée ecclésiale provinciale

Le 11 avril 2025, les évêques d’Île-de-France ont annoncé la tenue d’un Concile provincial sur le thème : « Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses ». Après une phase de consultation, l’Assemblée ecclésiale provinciale se rassemble à trois reprises pour travailler à partir du fruit de la consultation et faire des propositions d’orientations aux évêques. Cette phase a débuté par l’ouverture solennelle de l’Assemblée ecclésiale provinciale le dimanche 31 mai 2026 (fête de la Sainte Trinité) et s’achèvera au terme de la 3e session de l’assemblée, fin mai 2027.

– En savoir plus sur le site assembleeecclesialeprovinciale.fr.

En rencontrant les membres de l’Assemblée ecclésiale provinciale le samedi 26 septembre à l’Institut Catholique de Paris, le Pape Léon XIV marchera sur les pas de frère Laurent de la Résurrection. C’est dans l’ancien couvent des Carmes déchaux de la rue de Vaugirard, actuellement au cœur du campus, que vécut au XVIIe siècle celui dont la pensée a durablement accompagné Robert Francis Prevost, élu Pape sous le nom de Léon XIV.

Frère Laurent de la Résurrection

Né en Lorraine en 1614 sous le nom de Nicolas Herman, le futur frère Laurent connaît d’abord une existence mouvementée. Après une expérience de soldat, interrompue par une blessure, puis un passage par la vie érémitique et un emploi de laquais à Paris, il entre vers l’âge de 26 ans au couvent des Carmes déchaux de la rue de Vaugirard. Il y reçoit le nom de frère Laurent de la Résurrection. Frère laïc ou frère convers, il prend en charge les travaux matériels nécessaires à la vie de la communauté. Il exerce notamment la fonction de cuisinier pendant quinze ans dans un couvent qui rassemble alors plus d’une centaine de religieux. Lorsque sa santé ne lui permet plus de poursuivre cette tâche, il devient savetier. Il demeure dans cette communauté jusqu’à sa mort, le 12 février 1691, à l’âge de 77 ans. Frère Laurent a peu écrit. Ses lettres, ses maximes et les témoignages issus de ses entretiens ont été recueillis et publiés après sa mort. Ils sont aujourd’hui connus sous le titre La Pratique de la présence de Dieu.

Le 2 décembre 2025, dans l’avion qui le ramenait de Beyrouth à Rome, Léon XIV fut interrogé sur le livre qui permettrait de mieux comprendre sa vie intérieure. Après les écrits de saint Augustin, il cita La Pratique de la présence de Dieu. Il expliqua que cet ouvrage décrit une manière de remettre simplement sa vie entre les mains du Seigneur et ajouta : « C’est ma spiritualité depuis des années. »

Source : icp.fr.


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