À Passy, le parvis a son Café

Paris Notre-Dame du 29 janvier 2026

Lancé il y a près de vingt ans, le projet de rénovation des locaux de N.-D.-de-Grâce de Passy aboutit enfin. Renommés Carré Bonsecours, les lieux accueillent une chapelle et une épicerie solidaire, qui ont rouvert en janvier après des années de fermeture, et, nouveauté, un café associatif pour permettre aux fidèles, aux habitants du quartier et aux simples curieux de se rencontrer.

© Guillaume Decourt

Après tant d’années de galère et de combat administratif, N.-D.-de-Grâce de Passy (16e) lance enfin son bar associatif. Figure de proue d’un projet plus global, le Café du Parvis a ouvert le 11 janvier. Depuis, l’établissement de 100 m2 accueille paroissiens, riverains ou simples curieux, chaque mardi midi, mercredi après-midi, samedi matin et dimanche après les messes. « L’idée n’est pas de faire de l’argent, mais de permettre aux gens de se rencontrer », souligne Brigitte, l’une des bénévoles de l’église, pointant du doigt le menu qui propose le café à 1,50 € et le jus de fruit à 2 €. Le vendredi midi, le Café, équipé d’un micro-ondes, accueille les lycéens des établissements alentour. « Ils viennent avec leur sandwich ou leur plat préparé, et peuvent consommer une boisson à un prix modique », poursuit la Parisienne. Enfin, le lundi après-midi, les bénévoles reçoivent les seniors du quartier pour un temps « d’échanges et de jeux ».
Un café associatif qui est l’une des activités du Carré Bonsecours : une idée lancée il y a près de vingt ans pour rénover cet espace de 600 m2, devenu insalubre, qui appartient à la paroisse. « Du temps de mon anté-prédecesseur, à la fin des années 2000, un premier projet architectural avait été présenté : il prévoyait de tout raser pour tout reconstruire, afin d’aménager un foyer d’étudiants, se souvient le P. William-Jean de Vandière. Mais les plans n’ont pas convaincu le diocèse et la Ville de Paris. » En 2015, la paroisse revient à la charge : cette fois, la chapelle du bâtiment n’est pas détruite et l’emprise au sol est laissée à l’identique. « La construction devait se dérouler entre 2018 et 2020 », précise le curé actuel, en charge depuis huit ans.

Une évangélisation en douceur

Un projet qui verra finalement le jour… six ans plus tard. Injonction de l’Architecte des bâtiments de France, des Espaces verts protégés, recours des riverains… « On a tout eu », sourit le P. de Vandière. Les travaux ne commencent qu’au printemps 2024. Un chantier d’un an et demi, dont le budget s’élève à 10,8 millions d’euros, financé en grande partie par les paroissiens. De longues années d’attente et d’inertie qui ont permis à l’équipe en place de bien peaufiner son projet. « On a demandé aux fidèles de réfléchir à ce qu’il manquait dans la paroisse, ce qu’ils souhaitaient et même ce dont ils rêvaient, glisse-t-il. Par exemple, les prêtres n’avaient pas du tout eu l’idée de proposer un café. »
Le curé et ses vicaires voulaient, néanmoins, que le Carré Bonsecours accueille deux activités : une épicerie solidaire, inaugurée le 15 janvier, désormais ouverte tous les jeudis de 11h30 à 16h ; et les « jeux de cloître », le dimanche après-midi et le mercredi pour les familles et leurs enfants. « Et tout le monde a souhaité qu’on se lance aussi dans l’aventure Hiver solidaire », poursuit le prêtre. Ainsi, trois sans-abri sont accueillis du 19 janvier au 25 mars dans l’une des salles flambant neuves de la paroisse. Enfin, la chapelle N.-D.-de-Bon-Secours a été restaurée, et dans les étages, neuf logements locatifs ont été entièrement rénovés.
Un projet qui s’articule autour de deux piliers : « Proposer aux fidèles un lieu de convivialité et de fraternité » et « ouvrir la paroisse à ceux qui ne rentrent jamais dans l’église », résume le curé. Une évangélisation en douceur… « L’idée est que les prêtres soient visibles, formule-t-il. On montre que l’endroit est catholique sans que cela soit trop ostentatoire : toutes les salles ont un signe religieux, mais pour le café, au lieu de mettre un crucifix, on a mis une icône. » Pour le P. de Vandière, l’inauguration des lieux est un aboutissement : « Le projet était lourd et fatigant, mais je suis très heureux. » « Qui a de la patience résistera autant qu’il le faut et, plus tard, la joie lui sera rendue » (Ecc 1).

Guillaume Decourt

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