Interview de Mgr Laurent Ulrich par Le Figaro

Le Figaro – 13 décembre 2025

Entretien réalisé par Jean-Marie Guénois.

Extraits.

LE FIGARO. – Ce samedi 13 décembre, vous participez à la béatification de 51 martyrs catholiques morts « en haine de la foi » dans les camps nazis entre 1944 et 1945. Quel message faut-il en retenir ?

Mgr Laurent ULRICH. – Leur premier message est l’énergie spirituelle. Certains de ces hommes n’étaient pas obligés de partir au STO, le Service du travail obligatoire. Ils y sont allés comme volontaires pour soutenir le moral et la vie chrétienne de ceux qui étaient réquisitionnés pour travailler en Allemagne. Ces jeunes chrétiens étaient des jeunes prêtres, des séminaristes, des laïcs, scouts ou membres de mouvements chrétiens. Ils savaient qu’ils prenaient un risque car leur mission était clandestine. Ils étaient ouvriers comme les autres et, le soir, ils organisaient des réunions et des temps de prière. Les nazis n’ont pas tardé à les repérer, parce qu’ils rayonnaient de leur foi autour d’eux, et à les persécuter. Ils sont morts « en haine de la foi ». Ils étaient d’un courage inouï, ils s’étaient donnés pour Dieu aux autres. La charité dont ils ont fait preuve, leur énergie de foi et d’espérance et le sang qu’ils ont versé portent encore du fruit aujourd’hui.

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Le 8 décembre a marqué le premier anniversaire de la réouverture de Notre-Dame de Paris, qui attire encore plus de monde que prévu. Est-on face à un phénomène ?

Quand je suis arrivé à Paris, on m’a dit : « Ne faites pas de Notre-Dame un musée ! » J’ai bien entendu cette injonction qui me convenait. Il y a en effet de très belles choses à voir à Notre-Dame, le monde afflue et il faut protéger la prière par un silence relatif pendant les offices. Ce qui me frappe, c’est que cette cathédrale produit un effet d’entraînement au-delà de ce que l’on espérait. Sa visite conduit à une disposition intérieure, qui dépasse l’aspect esthétique ou la visite touristique. Beaucoup entrent en touristes et sont saisis par l’atmosphère spirituelle. Ils voient par exemple un prêtre devant un confessionnal et demandent spontanément à se confesser. Il y a aussi beaucoup de demandes de baptême. Voilà le quotidien désormais de la cathédrale : Notre-Dame offre, révèle, réveille… L’Église n’est plus à la recherche du succès ou de la puissance, comme elle a pu l’être parfois. Elle est animée par le désir d’évangéliser, qu’elle propose humblement mais inlassablement.

Le débat rebondit ces dernières semaines sur la possibilité de faire payer l’entrée à Notre-Dame. Allez-vous céder ?

Non. J’attends que l’État tienne sa parole : le gouvernement de François Bayrou s’était engagé à créer une instance pour étudier le financement de la sauvegarde du patrimoine religieux, qui ne peut pas se résumer à faire payer l’entrée de Notre-Dame, et demain, pourquoi pas, d’autres cathédrales. Nous y participerons volontiers… lorsqu’elle existera.

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 Lire l’interview en intégralité sur le site lefigaro.fr.

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