Objectif : une cure de jouvence pour saint Éloi
Paris Notre-Dame du 12 février 2026
Installée depuis 1985 dans l’église St-Éloi, dans le 12e arrondissement de la capitale, une statue du saint éponyme de la paroisse a été retenue pour participer à la finale de la cinquième édition du « Plus grand musée de France ». Un concours qui permet de financer la restauration du patrimoine national.
Un marteau à la main, un calice dans l’autre, la statue de saint Éloi (588-660) veille sur les paroissiens de l’église du même nom depuis quarante ans. Encrassée, abîmée, griffée : la sculpture réalisée par Jean Puiforcat, chef de file de l’orfèvrerie Art déco, participe à la cinquième édition du « Plus grand musée de France ». Porté par la Fondation pour la sauvegarde de l’art français, et financé par l’assureur Allianz, le concours permet de restaurer des chefs-d’œuvre dispersés dans tout le pays. Dans chaque région et dans les territoires ultramarins, trois projets finalistes sont soumis aux votes des internautes du 2 au 22 février. En Île-de-France, parmi trente-et-un dossiers sur la ligne de départ, la statue de saint Éloi a été sélectionnée par les organisateurs, tout comme des toiles contemporaines de l’hôpital de Nanterre (Hauts-de-Seine) et un véhicule hippomobile à Longjumeau (Essonne). L’œuvre qui récolte le plus de voix obtient un financement pour sa restauration, et ce, pour un montant maximal de 8 000 euros.
Après avoir raflé la mise en 2024 avec le tableau L’Église triomphante, à St-François-de-Sales (17e), le diocèse de Paris espère de nouveau remporter le concours francilien avec cette statue de saint Éloi, orfèvre devenu ministre du roi Dagobert (VIIe siècle) puis évêque. « Pour le centenaire de l’Art déco, on voulait une œuvre qui s’inscrive dans ce mouvement artistique, explique Caroline Morizot, responsable conservation au sein de la Commission diocésaine de l’art sacré (CDAS). Et son auteur, Jean Puiforcat, est vraiment l’un des artistes emblématiques de cette période. » Fabriquée à l’occasion de l’exposition internationale des arts et des techniques de 1937, à Paris, la statue en plâtre doré a longtemps orné la petite chapelle du magasin Puiforcat, situé boulevard Haussmann, avant que la fille aînée du sculpteur ne donne l’œuvre à l’église St-Éloi, en 1985. « Cela tombait bien : la sculpture portait le nom de la paroisse, qui avait été nommée ainsi en souvenir des anciens ateliers du quartier et de saint Éloi, patron des orfèvres », glisse Caroline Morizot.
Une statue qui s’est dégradée au fil du temps et des déménagements. « Elle “marque” beaucoup car elle est en plâtre doré, poursuit-elle. Et comme elle est très accessible, elle a des griffures un peu partout, des trous… » En cas de victoire au concours, l’œuvre sera restaurée par Béatrice Dubarry-Jallet, pour un montant de 4 000 euros. Une aubaine pour la paroisse… « Le concours est important pour nous car nous n’avons pas de budget pour financer cette restauration… Sans cet apport, nous ne pouvons rien faire, confirme Anne Deberdt, une paroissienne qui suit de près le dossier. Et puis, la remise en état de cette statue donnerait une visibilité nouvelle à cette œuvre, ferait redécouvrir son auteur, maître de l’art sacré, ainsi que le grand saint Éloi. » Et de conclure : « Patron des orfèvres et de tous les ouvriers du métal, il représente un trait d’union entre le sacré et le profane, entre notre église et le quartier. »
Guillaume Decourt
Comment voter
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