Dans l’église St-Louis-en-l’Île, chants, prières et témoignages ont résonné lors d’une veillée de préparation à la Rencontre européenne de Taizé. Du 28 décembre au 1er janvier prochain, ce seront des milliers de jeunes qui convergeront vers Paris, portés par un esprit d’accueil, d’unité et d’engagement œcuménique.
C’est un appel à la rencontre et à la fraternité, qui résonne dans la sombre église de St-Louis-en-l’Île (4e). En ce lundi soir pluvieux du 22 septembre, la jeunesse se mêle aux aubes des frères de Taizé, offrant un décor inhabituel à la bâtisse du XVIIIe siècle. Cette dernière est l’un des quatre lieux parisiens accueillant les soirées de préparation à la Rencontre européenne de Taizé à Paris, qui auront lieu du 28 décembre au 1er janvier prochains.
Au programme de ces veillées ? D’abord la prière : les chants de Taizé s’enchaînent, entonnés à pleins poumons par la jeune assemblée, habituée à ces mélodies. S’ensuit la lecture : « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira » (Mt 7, 7-12), qui trouve un écho tout particulier en ce temps de préparation. Un moment de silence est observé, entrecoupé par l’arrivée de quelques retardataires ; il se conclut par la prière du Notre Père.
« Il faudrait cinquante jeunes accueillis par paroisse »
Après cette introduction spirituelle, F. Paolo, membre de la communauté de Taizé, prend la parole devant l’assemblée, délivrant une explication sur l’origine des Rencontres européennes : « L’idée est venue de l’afflux de jeunes à Taizé, en Saône-et-Loire, pour les rencontres de jeunes adultes. Le souci était de ne pas créer un mouvement autour de la communauté, mais d’envoyer nos visiteurs vers des communautés locales de l’Église déjà existantes. Et ce souci demeure toujours. »
Il est rejoint par Sr Jessica, de la congrégation des Sœurs de Saint-André, responsable des jeunes bénévoles, venue expliquer la raison de cette soirée : « Cet hiver, entre 10 000 et 20 000 jeunes débarqueront à Paris et en Île-de-France. Nous sommes là pour solliciter des petites équipes de préparation : deux, trois, quatre personnes qui pourront faire le relais avec notre équipe auprès des paroisses pour trouver des hébergements. »
Car le principe des journées européennes repose sur cet élément : l’accueil de l’inconnu, ce qui va à « l’encontre de notre culture actuelle », reconnaît F. Paolo. Sr Jessica estime « qu’il faudrait cinquante jeunes accueillis par paroisse » et se veut optimiste : « C’est la même problématique chaque année et, à chaque fois, il se produit un petit miracle. Ça va marcher, donc pas de pression. »
« M’engager, c’est une manière de rendre »
Pour conclure, la sœur ignacienne présente l’équipe de bénévoles cosmopolite : Polonais, Colombien, Écossais… Parmi eux, Pierre-Alexandre, 23 ans, dévoile davantage le programme des journées européennes : « Pour les ateliers de l’après-midi, il y aura des conférences, des tables rondes. Ce seront des temps de partage, d’échange sur différents sujets autour de la religion, la culture, l’art, l’écologie… »
Chaque bénévole porte un carton sur lequel figure le numéro des différents arrondissements parisiens, permettant aux jeunes de l’assemblée souhaitant s’investir de venir se recenser selon leur localisation.
Une fois les présentations terminées, chacun quitte sa chaise pour rejoindre le bénévole correspondant à son lieu de vie. Les discussions débutent, les sourires s’échangent. Celui de Léa, 31 ans, est communicatif : « J’ai adoré faire les Rencontres européennes, notamment à Tallinn, en Estonie, l’année dernière. Tous les jeunes européens ont prié ensemble, quelle que soit leur confession. J’aime qu’on mette nos étiquettes de côté. » Elle s’engage cette année aux côtés de son amie Roxane, 26 ans : « Je suis assez sensible à la question de l’œcuménisme. J’ai été émue à Tallinn par les prières du soir. M’engager cette année, c’est aussi une manière de rendre quelque chose. C’est à nous maintenant de porter cette belle communauté œcuménique. »
Trois questions à F. Benoît organisateur de la Rencontre européenne de Taizé à Paris
Paris Notre-Dame – Pouvez-vous expliquer ce que sont les Rencontres européennes de Taizé ?
F. Benoît – Chaque année, entre Noël et le Nouvel an, notre communauté organise une grande rencontre européenne à destination des jeunes, âgés de 18 à 35 ans. Ces rencontres ont toujours lieu à l’invitation des Églises locales, et cette année, c’est le diocèse de Paris qui nous convie.
P. N.-D. – Pourquoi Paris ?
F. B. – Ce sera la sixième Rencontre européenne organisée à Paris. La toute première a eu lieu en 1978 et la dernière remonte à 2002. Je dirais que revenir à Paris, pour nous, c’est d’abord répondre à l’invitation de l’archevêque, Mgr Laurent Ulrich, rejoint par les évêques de la province et les représentants des Églises protestantes et orthodoxes. Il est d’origine bourguignonne, donc il nous connaît depuis sa jeunesse ; il est venu à Taizé avec beaucoup de jeunes de ses diocèses successifs. Ensuite, c’est une très belle invitation œcuménique. Nous avons été très touchés par le message reçu pour l’occasion des trois coprésidents du Conseil des Églises chrétiennes. C’est un message profond et encourageant, qui témoigne d’un bel enthousiasme.
P. N.-D. – Qu’est-ce que ces journées européennes peuvent apporter, sur le plan humain et spirituel ?
F. B. – Sur le plan humain, la première expérience est celle de l’hospitalité. Dès cette semaine, notre équipe arrive à Paris pour sillonner la région, les villes et les quartiers, afin de trouver des familles d’accueil en lien avec les paroisses locales. Ces familles acceptent d’ouvrir leur porte à des inconnus – ce qui, dans le contexte actuel, est une démarche assez incroyable. Et pourtant, cela fonctionne. Les jeunes partent de leur pays sans savoir où ils seront hébergés. De leur côté, les familles ne savent pas non plus qui elles accueilleront, jusqu’au moment où les jeunes frappent à leur porte. C’est un véritable miracle qui se répète chaque année. Cette hospitalité donnée et reçue marque profondément les familles comme les jeunes. Sur le plan spirituel, la prière occupe une place centrale. Le matin, elle aura lieu dans les paroisses locales, souvent avec les familles d’accueil. À midi, elle se déroulera dans huit lieux de culte du centre de Paris, parmi lesquels Notre-Dame, St-Sulpice ou encore St-Eustache. Les autres lieux sont en cours de validation. Certains soirs, tous les jeunes se rassembleront à l’Accor Arena.
Pastorale des Jeunes Adultes du Diocèse de Paris
3 place Saint-Germain-des-Prés - 75006 Paris
(la porte rouge à droite de l’église)
Métro : Saint-Germain des Prés (l.12) Mabillon (l.4)