P. Bruno de Mas Latrie : « Le oui se redit tous les jours »

Paris Notre-Dame du 30 juillet 2026

Dix ans après son ordination, le P. Bruno de Mas Latrie est nommé curé pour la première fois et rejoint, à la rentrée, la paroisse de Ste-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles. Il sera installé le dimanche 6 septembre, à 10h30, par Mgr François Gonon, vicaire général.

© Mathilde Rambaud

Manches retroussées, regard franc, sourire en coin : le P. Bruno de Mas Latrie a la carrure de ceux qui aiment que les choses avancent. « Mais je suis surtout bon vivant et pas trop prise de tête », tempère-t-il en riant, avant de résumer d’une formule le chemin qui le mènera, en septembre, de St-Jean-Baptiste de Belleville (19e) – et, auparavant, St-Jean- Baptiste-de-La-Salle (15e) – à Ste-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles (13e) : « Moi qui n’ai pas trop quitté les St-Jean-Baptiste, je ne m’en éloigne pas beaucoup puisque du cousin de Jésus, je rejoins sa grand-mère ! » Dix ans après son ordination sacerdotale, le voilà curé pour la première fois. Se sent-il prêt ? « C’est comme pour l’ordination : on se dit qu’on ne l’est pas mais, une fois sur le terrain, on réalise finalement que les choses se passent bien. » Surtout qu’il arrive dans un contexte singulier : l’église Ste-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles, fermée depuis douze ans pour travaux, devrait rouvrir en novembre et les messes sont, pour l’heure, célébrées dans la crypte. De ses années de vicariat, le P. de Mas Latrie retient deux expressions, qui sonnent comme un programme : « prêtre pour tous » et « artisan d’unité » ; deux réalités doublement vécues dans le 15e arrondissement, où les restrictions sanitaires liées au Covid avaient divisé la communauté, et à Belleville, un quartier d’une grande diversité.

« Prêtre avec eux et pour eux »

Si l’appartenance, dans sa dernière paroisse, à une Fraternité missionnaire des prêtres pour la ville (FMPV) ne résultait pas d’une demande expresse de sa part, il confie y avoir découvert « l’importance et le goût d’une vie fraternelle au-delà des tempéraments ». Et à Ste-Anne-de-la-Butte-aux-Cailles, où ils seront quatre prêtres résidents, le nouveau curé se veut « le garant de cette fraternité presbytérale et de l’attention des uns aux autres ». S’il ne sera plus délégué diocésain du Fraternel (Frat) – fonction qu’il occupait depuis 2019 –, il demeure cependant délégué de l’archevêque pour l’Accueil des vocations. Une mission qui lui tient particulièrement à cœur, le P. de Mas Latrie étant lui-même issu d’une fratrie qui compte une sœur et un frère religieux et dont « la famille prie pour les vocations depuis toujours ».
Il reste également membre du conseil presbytéral et du collège des consulteurs, des charges qui lui ont permis de nourrir « une vision plus large du diocèse et une meilleure connaissance de [ses] confrères et de la réalité des différentes paroisses ».
Mais l’homme actif sait aussi s’arrêter. Ainsi, il essaie de passer tous ses lundis hors de Paris. Sa sœur bénédictine le lui rappelle d’ailleurs volontiers : « Ora et labora... mais n’oublie pas Ora ! » Une règle ancestrale qu’il traduit de manière plus légère : « Quand on est fatigué, on est fatigant ; quand on est énervé, on est énervant ! » Joueur revendiqué – échecs, jeux de société – qui « sait perdre mais n’aime pas cela », il célèbre, tous les cent jours passés depuis son ordination, une messe d’action de grâce – un compteur qui approche les 3 700 jours. Et d’ajouter, dans un sourire : « C’est comme pour le mariage : le oui se redit tous les jours, dans la prière comme dans la pastorale. » Aux paroissiens qui le découvriront en septembre, il ne promet rien d’autre que lui-même : « Je ne suis que prêtre. Mais, pour reprendre saint Augustin, je suis prêtre avec eux et pour eux. »

Par Mathilde Rambaud

Ste-Anne-de-la Butte-aux-Cailles (13e)
© Yannick Boschat

Ste-Anne-de-la Butte-aux-Cailles (13e)
Nombre d’habitants : 29 070.
Un peu d’histoire : l’église de style romano-byzantin, œuvre de l’architecte Prosper Bobin, est consacrée en 1896 sans que sa construction ne soit achevée. La façade définitive est construite à partir de 1898, grâce à un don de la famille des chocolatiers Lombart, ce qui lui vaudra son surnom de « façade chocolat ». L’édifice ne sera terminé qu’en 1912. En 1938, l’église se pare de vitraux colorés des ateliers Mauméjean et est inscrite, depuis 2018, au titre des monuments historiques. 186, rue de Tolbiac, 13e.

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