Huit siècles après sa mort, saint François d’Assise honoré à Paris

Paris Notre-Dame du 8 octobre 2026

À l’occasion du huitième centenaire du transitus de saint François d’Assise, la famille franciscaine et de nombreux fidèles se sont réunis ce premier week-end d’octobre entre l’église St-Germain-l’Auxerrois et la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour célébrer, dans la joie, l’héritage vivant du Poverello.

« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper. » Le 3 octobre 1226, dans l’église de la Portioncule (Italie), saint François d’Assise s’éteint après des mois d’agonie. Huit siècles plus tard, c’est au sein de l’édifice de St-Germain-l’Auxerrois (1er) que le transitus du Poverello (qui signifie « le petit pauvre » en italien) est commémoré. Devant une nef comble, parsemée des taches brunes des bures franciscaines, chants et prières accompagnent le récit théâtralisé de la vie du saint d’Assise. « Ce moment marque le passage de François de ce monde au Père, avec “sœur la mort corporelle”, explique May-Hélène, membre de la Fraternité franciscaine séculière. Mais ce n’est jamais uniquement focalisé sur la mort : il y a une forte dimension de vie et de joie. » Une vie célébrée lors d’une veillée où la relique du manteau de François est portée en procession, puis exposée au pied de l’autel, devant un parterre de cierges illuminant l’assemblée. « C’est un peu comme une nouvelle naissance, un nouvel horizon, une opportunité renouvelée de découvrir l’Évangile et de revivre à travers la figure de cet homme, s’exclame le F. Jean-Marie, franciscain à la retraite. À la Maison Marie-Thérèse, nous sommes confrontés quotidiennement à la mort. Mais la mort n’est pas une fin : c’est le soleil, c’est le printemps, c’est une vie nouvelle. C’est une rencontre et un partage, quelque chose d’assez exceptionnel. » Cet événement rassemblait toute la famille franciscaine, mais l’impact de saint François ne se cantonne pas à sa seule communauté. Dans l’assemblée, des croyants de tous horizons sont venus rendre hommage au Poverello, à l’image de Léonard, jeune professionnel : « Même sans être du milieu franciscain, j’ai été frappé par la beauté de sa vie, particulièrement par le fait qu’il appelle la mort “sa sœur” : cela a une résonance particulière. » Sa femme, Clotilde, complète : « Réentendre son histoire est une façon de raviver ma foi et de me rappeler l’appel à aller vers les plus pauvres. Cela réveille en moi le désir d’aller vers les autres pour témoigner de Dieu. »

« Une communion profonde avec toute l’Église »

Le lendemain, dimanche 4 octobre, la célébration du transitus s’est poursuivie au cœur de la capitale avec une messe en la cathédrale Notre-Dame de Paris, présidée par Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris. Tout comme la veille, la célébration s’est déroulée dans une nef comble. « Voir autant de franciscains rassemblés ici, ce n’est pas si fréquent, se réjouit Pascaline, une fidèle parisienne. Cela me tenait particulièrement à cœur d’être là pour cette occasion. » Le F. Alain, franciscain, partage cette joie : « Aujourd’hui, c’est une communion profonde avec toute l’Église et toute la famille franciscaine, pour rendre grâce à Dieu du don qu’il nous a fait à travers saint François : redécouvrir au quotidien la présence vivante du Christ ressuscité. » Dans son homélie, Mgr Ulrich est revenu sur l’héritage du saint : « En poursuivant la route de la fraternité, il prend l’alliance avec Dame Pauvreté comme un signe et un gage de la vraie nouveauté, la nouveauté permanente que Dieu offre à tous. » Un instant marquant pour la Sr Andréa, franciscaine : « François nous a légué quelque chose de très profond, que l’archevêque a d’ailleurs bien souligné : la fraternité, le désir de faire corps avec les autres, et la pauvreté, car c’est dans le dépouillement que l’on retrouve Dieu. Il y a aussi le don de la paix : François invite tous ses frères à être d’authentiques artisans de paix. » Pour Astrid, jeune professionnelle, cette homélie « résumait magnifiquement toute la personnalité du saint d’Assise ». Un saint qui, pour toutes les personnes présentes en ce week-end anniversaire, « nous rapproche de Dieu, conclut Astrid. Se mettre dans ses pas est un véritable renouveau, tel un second baptême ».

Grégoire Delatouche

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