Homélie de Mgr Laurent Ulrich - Messe en la cathédrale Notre-Dame de Paris
Dimanche 26 juillet 2026 – Notre-Dame de Paris
– 17e dimanche du Temps Ordinaire – Année A
– 1 R 3,5.7-12 ; Ps 118 (119), 57.72, 76-77, 127-128, 129-130 ; Rm 8,28-30 ; Mt 13, 44-52
Avez-vous compris tout cela ? Voilà une question posée aux disciples par Jésus, et donc elle vous est posée, elle nous est posée, aujourd’hui, ce soir : avez-vous compris tout cela ?
Qu’est-ce que c’est « tout cela » ? Ce sont les paraboles que nous avons entendues ces trois dimanches : la parabole du Semeur, qui nous est bien connue, la parabole de la semence qui pousse toute seule, la parabole de l’ivraie et du bon grain. Et puis les paraboles de ce soir : la parabole de celui qui a trouvé un trésor dans un champ, celui qui a trouvé une perle de grande valeur, et encore le pêcheur qui ramasse ce qu’il a dans le filet et trie le bon et le mauvais, et enfin le maître de maison qui n’hésite pas à garder de l’ancien qui vaut quelque chose, et qui est prêt à accueillir du nouveau parce qu’il vaut aussi très cher… et qu’il est très bon pour gérer ses affaires à lui !
Voilà, avez-vous compris ce que le Seigneur veut nous dire à travers l’ensemble des paraboles du chapitre 13 de l’Évangile de saint Matthieu ?
Qu’est-ce que nous comprenons ? Nous comprenons qu’il y a une immense richesse, une immense valeur qui nous est donnée à travers l’Évangile et à travers celui qui vit l’Évangile tout en annonçant le Christ. C’est parce que nous sommes avec le Christ, c’est parce que nous écoutons sa parole, c’est parce que nous avons envie de Le suivre que nous comprenons qu’il y a dans l’Évangile, dans la Parole du Christ, dans la personne du Christ, un trésor inestimable que nous ne voudrions absolument pas échanger avec quelque autre trésor que ce soit. Nous voulons le connaître, c’est une grande grâce que le Seigneur nous a fait de se faire connaître à nous à travers l’Ecriture.
Dans le psaume, vous avez entendu « déchiffrer l’Ecriture illumine ». Parce que nous accueillons la Parole de Dieu, que nous nous la répétons souvent dans notre cœur, que nous aimons la lire, l’entendre et les autres jours éventuellement à la messe, mais de temps en temps aussi, la lire nous-mêmes, prendre le temps, le matin chaque jour par exemple, mais aussi de temps en temps avec d’autres frères et sœurs pour la partager. Nous comprenons que cela est une immense richesse que nous ne voulons pas échanger contre quelque autre chose que ce soit.
Nous voulons trier dans toutes les sagesses. Il y a beaucoup de sagesses dans le monde, bien sûr : des sagesses morales qui invitent à être justes, à se tenir respectueusement à l’égard des autres, qui invitent à ne pas profiter indûment de ce qui ne nous appartient pas, etc. Il y a des sagesses philosophiques et religieuses qui sont nombreuses à travers l’histoire du monde, et encore aujourd’hui, et beaucoup d’hommes et de femmes qui n’ont jusqu’à présent pas entendu parler de l’Évangile se fient à ces sagesses qu’ils expérimentent comme bonnes pour mener une vie droite.
Tout cela est très bien, mais nous comprenons qu’avoir bénéficié de cette sagesse qui vient de Dieu, c’est tout autre chose. Nous l’entendons dans la deuxième lecture, quand Saint Paul s’adresse aux chrétiens de Rome, et qu’il leur dit « vous avez de la chance parce que vous savez que vous avez été choisis », ce qui ne veut pas dire qu’on a été choisi contre les autres, cela veut dire simplement que vous savez que vous êtes aimés de Dieu, vous savez que le don que le Christ a fait de sa vie est pour vous quelque chose d’une richesse inestimable, d’une valeur incomparable. Vous savez cela et vous savez qu’en suivant cette parole, et cette sagesse qui vient de Dieu, vous aurez le bonheur déjà sur cette terre de vous savoir en communion avec Dieu et, au-delà de la vie terrestre, de vivre avec lui pour chanter éternellement sa gloire.
Ceci est une richesse incroyable, et déjà, dans l’Ancien Testament, le jeune roi Salomon en avait fait l’expérience. Il savait qu’il ne saurait pas remplir sa mission de roi à la suite de David, son père, qui avait manifesté un tel attachement à Dieu, une telle humilité devant les fautes qu’il reconnaissait en lui-même, une telle simplicité et confiance dans le Seigneur qui conduisait sa vie, que Salomon se dit : « moi qui suis si jeune, est-ce que je saurai faire aussi bien que mon père, sans l’aide de Dieu ? ». Et voilà que Salomon se dit que pour gouverner, il lui faut l’aide du Seigneur, il lui faut être dans la main de Dieu, il lui faut être confiant comme son père, il lui faut être priant comme son père, il lui faut être humble comme son père, parce que le seul qui lui donne la façon de vivre qui convient, la façon de gouverner son peuple qui convient, le seul, c’est Dieu. Et voilà pourquoi Dieu le récompense d’avoir demandé la sagesse pour gouverner son peuple.
Aussi bien pour nous, dans notre vie de tous les jours, nous avons cette grande richesse qui nous est donnée et dont nous pouvons profiter. Ne croyons pas simplement que les sagesses du monde, que toutes les découvertes technologiques de toutes sortes nous suffisent pour grandir dans l’amour, pour grandir dans la paix, pour grandir dans la justice, mais croyons que la Parole de Dieu nous illumine, nous éclaire et nous aide à conduire notre existence.
C’est cela que nous demandons. Dans le texte qui suit, que nous n’avons pas lu ce soir, de l’épître aux Romains, nous entendons cette phrase de Saint Paul - c’est dommage qu’on ne nous l’ait pas mise, d’une certaine façon - « Qui nous séparera de l’amour de Dieu en Jésus-Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, les puissances terrestres, les puissances d’en-haut ? Non rien ne saurait nous séparer de l’amour du Christ qui nous est révélé en Jésus-Christ ».
Frères et sœurs, si vous êtes là ce soir, si vous êtes dans cette église, ou si vous nous suivez par la télévision ou par la radio, soyez bien certains que c’est le Christ et sa Parole qui éclairent vos vies, ne perdez pas ce goût ! Et pendant ce temps d’été qui est un moment de retour sur soi, un moment de calme et de paix, peut-être, un moment aussi perturbé comme nous le comprenons pour ceux qui sont sous le coup de ces incendies, gardons la confiance et le désir de ressembler au Seigneur et d’écouter Sa Parole chaque jour.
+Laurent Ulrich,
archevêque de Paris
