Bible sur le terrain : « Une expérience qui passe par tous les sens »
Paris Notre-Dame du 16 juin 2022
Interrompues pendant deux ans en raison de l’épidémie de Covid-19, les retraites « Bible sur le terrain » (BST) reprennent du service cet été. Le principe de cette proposition portée par le diocèse de Paris : approcher les Écritures par la terre qui les a vu naître. Explications de Mgr Michel Gueguen, vicaire général du diocèse de Paris, coorganisateur de cette retraite depuis près de trente ans.

Paris Notre-Dame – Pouvez-vous revenir sur l’origine de cette initiative ?
Mgr Michel Gueguen – Cette retraite a été créée par le P. Jacques Fontaine, un dominicain originaire du Nord qui est parti vivre à Jérusalem en 1953. Nous sommes en 1967. La guerre des six jours s’achève. Le pays s’ouvre alors de façon inédite. Le P. Fontaine se saisit de cette occasion pour proposer une nouvelle expérience. Il emmène, de façon itinérante, des personnes sur les territoires dont parle la Bible, en s’appuyant sur la géographie. Il fait alors l’expérience de la capacité transformante de la Bible. L’idée plaisant et fonctionnant, il la propose alors quatre fois pendant l’été. Les retraitants sont invités à dormir à la belle étoile, à participer à la préparation des repas… Il est le premier à intégrer le désert dans une retraite spirituelle. À la fin des années 1970, un séminariste du diocèse de Paris, Henry de Villefranche, est envoyé à la maison Isaïe, la maison dominicaine où habite le P. Fontaine. Il commence alors à l’assister jusqu’au début des années 1990 où le P. Fontaine, âgé, décide de lui passer le flambeau. Quatre ans plus tard, je viens de passer un semestre d’études auprès du P. Fontaine. Le P. de Villefranche, me propose alors de m’associer. Depuis, je n’ai pas arrêté…
P. N.-D. – Quelle est l’apport de cette retraite par rapport à une retraite plus « classique » ?
M. G. – Cette retraite, qui dure quinze jours, est découpée en trois temps : cinq jours au désert, cinq jours en Galilée et cinq jours dans l’orbite de Jérusalem. Cette structure permet de s’immerger dans l’Ancien Testament en vivant, sur la même terre, l’expérience du peuple d’Israël libéré d’Égypte et jeté dans le désert, de passer au Nouveau Testament en écoutant la voix du fils de Dieu en Galilée, avant de monter à Jérusalem, le lieu où tout se noue. Ce parcours qui reprend toute l’histoire biblique nous fait découvrir que cette histoire est notre histoire. C’est une expérience qui passe par le réel d’une terre, une expérience sensorielle qui passe par le corps, par tous les sens. La meilleure façon pour moi de présenter la Bible sur le terrain est de citer le récit des « Pèlerins d’Emmaüs » (Luc, 24). Ces deux pèlerins sont capables de raconter l’histoire de Jésus. Mais ils sont incapables de reconnaître le Christ ressuscité. Alors Jésus, pour leur ouvrir le cœur et les yeux, prend le temps de leur raconter les Écritures sur leur chemin.
P. N.-D. – À qui s’adresse cette retraite ?
M. G. – Aux personnes qui en sentent profondément le désir. Pour pouvoir participer à la retraite, nous demandons une lettre de motivation. Il ne s’agit pas de juger ce qui est écrit mais de s’assurer que la personne a bien compris le sens de la retraite. Écrire une lettre de motivation permet d’objectiver les raisons de la demande, de creuser en soi son propre désir, de créer les conditions d’une rencontre avec Dieu.
Propos recueillis par Isabelle Demangeat @LaZaab
Plus d’informations et contacts :
La Bible sur le Terrain

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